Baie d’Halong : Tourisme court terme, envers du décor, ébauche de solution

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février 17, 2017 par Parallèles Potentiels

 

Bien sûr, là comme ailleurs, l’uberisation, mot clé de l’année 2016. Le bas coût, low cost féroce, appliqué à la chaîne des fournisseurs, la présence de trop nombreux intermédiaires, entre autres critères, sont à l’oeuvre.

La baie d’Halong, à deux heures de Hanoi, est un cas d’école  parmi tant d’autres de victime du tourisme de masse. A un point pathétique. 250 bateaux hôtels croisent dans la baie… Des bateaux circulant souvent au fuel trop bon marché, donc particulièrement polluant et fumigène.

Leurs pontons sont (nous dirons pudiquement parfois) remplis de buveurs de bière qui ont payé un forfait fort cher (par leur agence, il faut bien amortir les commissions) la leur garantissant de façon illimitée.

Open bar, open barbares, Musique tech ou autre à fond bien sûr, de sorte que le va-et vient des embarcations dans ce superbe site Unesco s’en ressent.

Evidemment, cela n’est pas un scoop. Mais le dire est sain. Ou bien malsain, comme tout ce qui se proclame vrai et authentique ? Je ne sais trop. Qu’en pensez-vous ?

Quelques vidéos YT circulent d’ailleurs sur des touristes re déversant leur bière par les voies naturelles du haut de leur ponton, en groupe bien sûr…  Mon ami vivant à Shanghai me les a montré, ces vidéos… Vulgarité criarde, criante si l’on préfère, de l’époque.

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Pour ma part, n’ayant eu de la part de voyageurs  croisés on some asiatic road (au Vietnam et Cambodge, et jamais en groupe, toujours en solo ou en couple : les seuls avec lesquels échanger d’une façon lucide) que ces échos négatifs fin 2016, cela m’a refroidi.

N’y suis pas allé, à la baie d’Halong. Boycott. Me suis contenté du charme de Hanoi, en dépit des innombrables véhicules pétaradant en masse à chaque carrefour. Et d’une échappée belle vers le Parc naturel de Babe lake, où j’ai acheté de l’huile essentielle de citronnelle.

Dissuadé donc d’aller sur place vérifier pendant mon périple khmer et vietnamien hivernal. Je ne connais que trop cela dans tant d’autres nations, à commencer par celle de ma résidence principale : Ce qui fut fait à La  Côte d’Azur, cela vous parle ?

Evidemment, les Chinois, nouveaux arrivants sur le marché du tourisme, et donc protagonistes régionaux les plus importants, sont souvent stigmatisés, au Vietnam comme dans les autres pays qui leur sont proches. Et ici. Mais c’est un peu facile, non ?

N’ont-ils pas aussi cet affreux droit à polluer en tant que nation (150 ans après nos premières révolutions industrielles occidentales). Ni celui nouveau riche de sillonner le monde en car, bateaux et avions, comme autant de marqueurs de leur réussite sociale  et de leur plaisir  de la découverte ?

Si. Sic.

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Preuves à charge, ces deux  articles :

« Notre bateau quitte le petit port (de Cat Ba Town) embouteillé par les bateaux de touristes asiatiques, pour gagner la tranquillité des eaux de la baie de Lan Ha, passant devant un immense village flottant de pêcheurs. Ici l’aquaculture bat son plein et ses habitants marins semblent peu soucieux de la préservation de leur environnement.

Car oui la baie d’Halong c’est magnifique, mais qu’est-ce que c’est pollué. Des déchets flottent un peu partout, et l’eau émeraude qui en a fait la renommée est aujourd’hui marron. Au nord de la baie, des usines thermiques et d’extraction du charbon à ciel ouvert ainsi que les agglomérations rejettent dans l’eau de tonnes de métaux lourds (plomb, pétrole) et d’eaux usées.

Les coraux meurent, les animaux fuient. L’augmentation du tourisme asiatique (chinois notamment) accentue la pression sur le milieu marin. On ne connaît évidemment pas le tri et tout va à la mer. Peut être pensent-ils que le plastique est bio-dégradable ?! Triste constat. Cela gâche évidemment la beauté de cette baie (que fait l’UNESCO ??????). »

https://mamantoutvabien.wordpress.com/2014/07/10/la-baie-dhalong-karstiquement-beau-mais/

Source Ici

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Autre cas d’école au Nord-Vietnam

A huit heures de Hanoi (en car), Sur le mont Fansipan, jadis si romantiquement indochinois. Non loin de Sapa, ville de la région des Hmongs, devenus figurants pour le grand ballet. On m’en avait dit : laisse tomber, ne vas pas là-bas, c’est infesté par les groupes et les pauvres gens en sont réduits à faire de leurs traditions folklore …

C’était une jolie russe croisée à un arrêt de bus pour l’aéroport de HoChiMinh Ville, revue entre deus halls et deus avions, en quittant cette ville que des habitants appellent encore Saigon, nonobstant le passé colonial français. Elle m’envoya (pas Saigon, la trentenaire russe) vers la réserve naturelle de Babe Lake, à six heures de car qui fut très bien. Un immense lac? Un mini bateau de pêcheur en bois pour moi seul affrêté. Donc, jMais je m’égare

« Le Vietnam en proie aux dangers du tourisme de masse »

Flambant neuf, le téléphérique a ouvert en février, et des cohortes de touristes font désormais concurrence de selfies au sommet du mont Fansipan, le point culminant des « Alpes du Tonkin » dans le nord du Vietnam, à leur tour menacées par le tourisme de masse.

Plutôt que de gravir à pied ce pic de 3.143 mètres, la plupart des visiteurs préfèrent aujourd’hui se faire transporter jusqu’au sommet en 20 minutes. La région est en pleine révolution technologique, avec des retombées positives pour l’économie locale mais également des conséquences lourdes pour certains habitants.

700.000 visiteurs annuels à Sapa

La petite ville de Sapa, ancien poste militaire français de cette région montagneuse autrefois isolée, est désormais reliée par une autoroute directe depuis Hanoï et les hôtels y poussent comme des champignons. Le nombre de chambres y est passé de 2.500 en 2010 à 4.000 l’an dernier, selon les autorités. En 2015, la ville a accueilli quelque 700.000 visiteurs et a vu ses revenus tripler depuis 2010.

« Un jour, nous perdrons Sapa »

« C’est bon pour Sapa de pouvoir attirer autant de touristes… Et cela donne du travail à de nombreux habitants locaux », se réjouit Nguyen Van Manh, vice-directeur de l’office du tourisme de Sapa. Mais tous ne sont pas du même avis. « Désormais, avec le téléphérique, les habitants du village (qui étaient guides) n’ont plus de travail. La plupart travaillent comme journaliers sur des chantiers de construction », critique Ma A Tro, un habitant local qui a eu la chance de pouvoir continuer à vivre de son travail de guide. Et « si les constructions se poursuivent, un jour nous perdrons Sapa », se désole le guide local Giang Thi Lang, de l’ethnie hmong, très présente dans la région. La transformation de la station n’est en effet pas du goût de tous: certains craignent de voir la ville et ses fameuses rizières en terrasses défigurées par les nouvelles constructions.

Le prix du succès ?

Le sommet du Fansipan, lui, est déjà bétonné et envahi par les boutiques de souvenirs. De fait, les touristes étrangers sont de plus en plus nombreux à visiter le Vietnam, considéré comme encore préservé du tourisme de masse, contrairement à son voisin thaïlandais notamment. Mais le pays communiste, qui a supprimé l’an dernier les visas pour de nombreux pays occidentaux précisément pour attirer les touristes, paye le prix de son succès. La baie d’Halong, joyau touristique du pays, est asphyxiée par le tourisme, saturée de bateaux emplis de visiteurs, et subit la pollution qui en découle. La presse officielle s’est même offusquée cet été de banquets de luxe organisés dans les grottes d’Halong, classées à l’Unesco. Mais malgré les promesses d’action du régime à parti unique, l’heure n’est pas encore à la régulation dans le secteur du tourisme.

Vision à court terme

A Sapa, l’ouverture du téléphérique, qui peut transporter 2.000 touristes par jour au sommet du mont Fansipan, a joué un rôle clef dans cet emballement touristique. Le gouvernement a fait peu de cas de l’opposition des habitants à la construction de ce téléphérique, qui a fortement réduit le nombre de marcheurs entreprenant l’ascension.

Duong Hoang Minh, touriste vietnamien qui a décidé de faire l’ascension à pied, se dit « déçu » par le sommet du pic, ayant imaginé que « cela ressemblerait à un lieu naturel ». Mais ce jeune enseignant de 23 ans ne boycotte pas pour autant le téléphérique: il l’emprunte pour redescendre. Cette innovation a beau être controversée, elle rend le sommet accessible à ceux qui ne peuvent randonner pendant deux jours pour y parvenir, plaide-t-il, malgré sa déception.

Les inquiets restent néanmoins nombreux. Comme Hubert de Murard, à la tête de l’écolodge » Topas, fait de petits bungalows qui se fondent dans le paysage à une vingtaine de kilomètres de Sapa.

« Certains investissements à Sapa relèvent d’une vision à court terme, pour développer le tourisme de masse », déplore-t-il. »  

Source :7 sur 7 (be) avec Agence France Presse – 5 Novembre 2016

Tiens donc, quelle idée !

Et y a pas qu’à Sapa :

This fatal kiss is worlwide

Le baiser mortel des assoiffés de profit est mondial

Tous secteurs, tout terrain…

Mais positivons un peu (sans Carrefour)

Bientôt ce seront les nuées d’oeufs de Pâques, puis de nouveau les guirlandes de la trêve des confiseurs, tant qu’on y est ! Ajoutons-y les rêves des déconfits, dont parfois, on le constate, je suis.

Et surtout la promesse radieuse d’un nouveau voyage réel et fictionné, solitaire ou à deux. Sanctifiant la naissance de quelque nouvel amour (tous les trois ans, seize ou trente-rois ans ?).

Oh, belles utopies affranchies, rêveries d’un Eden passé se faisant futur, point ne nous délaissez svp ! Please, ne nous abandonnez point : le droit de rêver, et de voyager à peu plutôt qu’à plein.

Assez de déplorer les trop pleins. Tant pis, c’est ainsi, conclut le pragmatique transi par l’excès et la démesure du monde.

Au fait, qui suis-je pour lui donner des leçons ?

C’est que j’en ai produit, de la fumée, moi aussi, et pas qu’un peu ! Après 30 ans de dépendance  tabagique, j’affiche un certain contentement de fumer avec chic un paquebot électronique depuis 18 mois.

Une grosse E-cigarette à réservoir (on dit subtank dans le jargon) que je remplis de liquides aromatisés (aujourd’hui à la cardamone, chai, thé indien, pas mal, en fermant les yeux on s’y croirait) sur la nature desquels et le degré de nocivité exact il faudra encore 20 ans de retours de recherches sur des cohortes cliniques. Je suis donc mon propre cobaye.

A coup sûr, le risque de cancer est moindre que celui du tabac dans sa gangue de bottin, mais on en sait pas plus. Par contre, le risque cardiaque est accru, selon une étude de fin 2016…

L’homme devient une machine à batteries

Naturellement, je dois recharger les batteries toutes les cinq heures, en plus de la pléthore de batteries de mes joujoux numériques indispensables à recharger quotidiennement : téléphone, tablette et autres dépendances numériques. quand nous rechargerons-nous nous même, via une prise cpl ou en Lifi ?

Nous sommes sans fil, mais pas sans liens.

 

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Un peu de beauté descriptive pour nous remettre de trop de ressentiment :

Baie d’Along, une origine du monde

Ce relief si atypique est l’un des plus beaux exemples de milieux karstiques au monde . Ce nom slovène (hé oui !) désigne les régions de roches calcaires, où l’eau va dissoudre la roche et former notamment des grottes. En surface, l’action de l’eau érode la roche plus ou moins vite, et forme des pics coniques ou des tours . Ce qui fait la caractéristique de ce site ? L’invasion du karst par la mer. Ainsi seuls les sommets émergent, tels des îlots flottantes aux flans abrupts. On en mangerait, si l’on était un titan digne de ce nom. Mais on est qu’un résident du XXIe siècle

Et il n’y a pas assez de sauce anglaise pour faire passer l’amertume de la mise à sac du monde et de la spetième merveille : la Baie d’Along !

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Je reçois cela tandis que j’écris, cela téléscope, rebondit mon propos : l’ébauche d’une solution, un remède à la débauche du monde ? Mes chers contemporains, je vous en laisse seuls juges :

Invitation presse – Mieux vivre avec les changements de notre société : Kathy Babarre annonce son nouveau congrès

« Bonjour,

Alors que l’humanité est tournée vers les nouvelles technologies, l’innovation et la digitalisation, les changements induits entraînent des mutations profondes de notre société et nos rapports à l’entreprise, à l’éducation, à la formation, à l’emploi et sont transformés.

Pour mieux appréhender tous ces changements, s’y inscrire pleinement et s’y épanouir, Kathy Babarre, conférencière et auteur, organise  à Carcassonne le congrès :

« Changements de paradigmes : vivre, survivre ou mourir ? L’aventure humaine d’une autre dimension pour réenchanter l’école et l’entreprise« , dont le parrain est Jean Psaume, prospectiviste, philosophe des sciences et essayiste.

Il animera à son tour une conférence suivie d’un débat avec Kathy 

« Pour que demain soit un rêve plutôt qu’un cauchemar : mode d’emploi ».

Nous feriez vous l’immense plaisir d’annoncer ce congrès ? Souhaiteriez-vous vous joindre à nous ?

Je vous ai adressé le CP complet en PJ. Version Word et visuels HD disponibles.

Un sujet serait-il susceptible de vous intéresser ? » Fin du communiqué.

Vivement les vacances !

Réenchanter est un autre récent mot clef. C’est nécessaire car…

⇑⇓

Des vacances, la barbarie n’en prend hélas point. Protéiforme, sous tous ses visages, ceux qui tuent les frères humains, les frères animaux, celle qui défigure le monde,comme un portrait de Dorian Gray caché derrière les visions de cartes postales,  ℜℜℜℜℜ… ©®™

µ €ζ η

⊕⊗

♣♥

50 nuances d’espoir :

130 millions de dollars pour nettoyer la baie

« C’est à la faveur d’une visite officielle au Vietnam de la présidente du Senat, Christine Defraigne, en octobre dernier que nous avons décroché le contrat pour l’étude , explique le CEO de l’entreprise belge Rent-a-port, Marc Stordiau.

Notre première mission a consisté à cartographier les zones polluées. Grâce à deux drones que nous avons fait venir de Belgique, nous les avons localisées et nous avons calculé l’épaisseur des nappes de déchets. Nous en avons conclu que 9 % des eaux de la baie étaient polluées » : hydrocarbures (dégazage, eau de fond de cale…), poussières de charbon provenant de trois grandes mines proches mais aussi beaucoup de déchets domestiques drainés par les rivières débouchant dans la baie, générés par les villages flottants de pêcheurs ou jetés par-dessus bord par les 250 bateaux hôtels qui croisent dans la baie…

Rent-a-port peaufine maintenant le budget nécessaire au ramassage des déchets via l’usage de bateaux collecteurs et va épauler les autorités vietnamiennes dans leurs recherches de fonds. Celles-ci entendent s’adresser à la Finlande et au Danemark qui sont prêts à débloquer, dans le cadre de la coopération au développement, des prêts à taux réduits.

Le coût ? « 130 millions de dollars si la pollution en amont s’arrête tout de suite. 180 millions si on attend dix ans avant de la stopper » , explique Marc Stordiau.

Rent-a-port ne devrait pas intervenir dans ce nettoyage qui va durer 10 ans mais pourrait participer dans un second temps à la valorisation des déchets via la récupération de l’énergie produite par leur incinération.

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Source  et crédit de la photo ci-dessus : http://www.lesoir.be/1187769/article/demain-terre/environnement/2016-04-21/vietnam-des-belges-soignent-baie-d-ha-long

 

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Une réflexion sur “Baie d’Halong : Tourisme court terme, envers du décor, ébauche de solution

  1. […] Au Sud, le beau – mais trop fréquenté – delta du Mékong.  Surchargé de bateaux circulant au fuel bon marché, pleins de clients exubérants buvant en musique. Ravages du tourisme de masse ici… […]

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