Profusion indonésienne, myriade d’îles

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octobre 18, 2016 par Parallèles Potentiels

Matin. Au réveil, de la pointe nord de Sumatra à l’extrême est de l’Irian Jaya, du côté de la Nouvelle Guinée, le plus grand archipel du monde (quoique la Finlande lui dispute ce titre) étire ses 5000 km le long de ses (presque) 17 000 îles. Une sacrée ligne dorsale, un yoga sidéral !

350 groupes ethniques, 210 millions d’habitants, pour la plupart à  Java (115 millions). 489 volcans dont 128 en activité. D’où des sols aussi fertiles que les panthéons des divers cultes. Il suffirait de planter un bâton dans la terre pour que des feuilles y poussent, dit-on. Et qu’un bébé dieu en sorte ? Et puis quoi encore ?

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Tout ! Commençons par les Grandes îles de la Sonde.

Si tu vas à Java, passe à Jakarta !

Ce sera un bain de foule amicale et souriante de 3 jours, pas mal d’embouteillages rituels… On se promène en ville,  boire un pot devant une marina, en face de ce centre commercial, paquebot  sur l’eau , devant une zone de villas cossues un peu trop colonnées. p60501-174712.jpg

 

Une autre fois, on mange dans le bistrot patrimonial Batavia, (sertie d’une collection photographique du tonnerre, jusqu’aux toilettes où elles se font osées) à Kota : le vieux quartier hollandais au charme considérable. Tout y est mis en valeur, sauf l’eau croupissante du canal (où flotte ce jour-là un porcelet qu’un pauvre nettoyeur en barque saisira). Ce canal est bordé de jolis immeubles amstellodamois. Amsterdam en Indonésie, joli trompe-l’oeil du passé…

Au superbe Musée national de Jakarta retraçant l’histoire de l’île, les collections d’art fabuleuses vous plongent dans le film sculptural et doré des 2500 ans passés, trésors et bijoux royaux compris. À voir, la céramique chinoise, abondamment représentée, les sculptures hindo-bouddhiques, parmi lesquelles la statue appelée Bhairava, haute de plus de 4 m (Sumatra-Ouest), la passionnante section ethnographique, les batiks primitifs de Java-Ouest, sans oublier le « trésor » : un ensemble d’objets d’argent et d’or sans doute ensevelis sous la lave du volcan Merapi au Xe siècle…

Il faudra plonger plus profond dans la culture javanaise vers l’est, à Jogjakarta, notamment pour le temple de Borobudur, l’une des 7 merveilles du monde, et le mont Bromo. Puis dire bonjour aux Dayaks( une ethnie, des gens), et aux orangs outangs de l’ile voisine de Kalimantan : réserve naturelle, lac géant, croisières, spots de plongée.

On va dans l’immédiat dégazer les embouteillages  à deux heures de petit bateau charmant vers Pulau Seribu (Les Milles Iles), au nord de la baie de Jakarta. En mer de Java, une myriade d’îles (180, 350 avec les îlots) qui attirent de plus en plus de touristes et d’habitants.

La plus développée (et polluée) est  Pulau Bidadari, où se donnent rendez-vous les nantis de la capitale . Les îles les plus proches comme Pulau Putri où l’on fut, Sepa et Pelangi sont propres, valant une excursion à la journée.

Bandung si l’on veut

Pour  une surprise déconcertante, passez à Bandung, à une heure d’avion de Jakarta, pour un spectacle d’Anklung participatif (tous les écoliers rejoignent la scène) au centre culturel soundanais Saung Angklung Udjo. Cela inclut chants, théâtre dansé, marionnettes et percussions en bambou.  Sonorités innombrables de ces tubes de bambou.

Il y a aussi dans le centre quelques rues offrant un patrimoine Art Déco hollandais dans son jus. C’est là que se tint la fameuse première Conférence des Non-Alignés en 1953. Bien sûr, on visite le musée dédié, après des échanges joviaux avec une nuée d’enfants. Gentillesse des gens, souriant comme ils respirent. Voila qui change de notre métro.

Mais cette ville est peu lisible, manquant de repères pour le commun des Occidentaux. Cela changera peut-être bientôt, puisque la ville fait l’objet de la promotion touristique…

Bali et petites îles de la Sonde 

Toutes valent un séjour : Lombok, Flores, Sumba, Sumbawa… A Bali, bain de houle, vagues puissantes, lits et offrandes de fleurs ! La majorité des 4,2 millions de Balinais pratique l’hindouisme.  Excpetion dans ce pays où les musulmans pèsent 75 %. Une période privilégiée sera celle des fêtes de nouvel an, en mai. Voire la période des cérémonies de limage de dents en été, mais il fait humide.

L’idéal est de venir de mai à octobre. Celle que l’on surnomme « l’île aux milles temples » en compterait dix mille, dont trois dans chaque village. On arrive à Denpasar. Cérémonie du coucher de soleil sur les plages de Kuta (la plus festive) ou de Legian (la plus formatée).

La plus culturellement riche des villes est Ubud ou se préparait au Palais Royal  la crémation d’un prince victime d’asthme à 35 ans. Une grande fête, rien de lugubre : la magie de Bali !

Il y a  tant de périodes et de cérémonies religieuses, naissances ou autres occasionnant des jours fériés -ou pris par les employés- que les managers se résignent à un certain absentéisme. C’est ce que nous confia celui de l’hôtel Royal Beach Seminyak (un M Gallery), à l’agréable séjour en bord de plage (la plus chic). http://www.theroyalbeachseminyakbali.com

On se balade dans les superbes rizières en terrasses classées Unesco.  On passe forcément à à Kerobokan manger dans l’excellent studio culinaire, le Café Degan de Degan Septoadji, gagnant Master Chef (Tél : +62 361 847 5391). Parfois à 8 sur l’échelle de Richter Piment, cela fait partie du charme. On le retrouve en octobre à Paris pour une belle démo culinaire, filmée par mon confrère de voyage indonésien Olivier du site BestGlobe.

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On assiste à un spectacle de legong délicat ou de kecak convoquant rois et reines pour cinquante danseurs sur une scène envoûtante au temple d’Uluwatu, à flanc de falaise, sur la presqu’île de Bukit, au sud de Denpasar. Attention aux petits singes chapardeurs, comme on dit dans les guides ! Pas méchants pour un sou derrière leur masque d’agressivité. Beaucoup moins qu’un cadre moyen en plein rituel hiérarchique d’appraisal annuel de ses subordonnés.

Autre incontournable coucher de soleil qui me fait oublier le pitoyable monde de l’entreprise : celui vu au temple de Tanah Lot des esprits de la mer, bâti au 16e siècle. Coucher servi sur un rocher noir battu par les vagues. Les fidèles en blanc y accèdent à pied à marée, parfois le long d’une corde, formant parfois une chaîne humaine (é)mouvante (que je ne vis qu’en photo sur les murs de mon hôtel pour être précis).

On poursuit vers le nord de l’île, au pied du volcan Agung  qui a endommagé en 1962 le plus grand temple où l’on arrive : Besakih, dédié à Brahma et Vhisnu. On y monte en scooter loué, puis montée des marches en pierre volcanique jusqu’aux portes initiatiques. C’est autre chose qu’à Cannes. Souvent dans le brouillard, quelque chose d’initiatique, malgré les offres de guides collants qui ont décidé qu’il vous fallait payer pour rentrer. Petit racket, petits métiers…

En contrebas, au village de Pelaga, entre plantations de thé et cannelle, on rencontre des familles attachantes dans les allées, entre les superbement préservées maisons de pierre du XVIII. Là, on sent un peu qu’on est bien là où l’on voudrait être… Loin du mainstream incessant.

Cette petite musique de chambre indonésienne dit ce que l’on fit. Il y a tant que l’on voudra faire… On reviendra !

NB : Bien sûr il y a toujours quelques zones à risque. Comme partout ces temps-ci, hélas…. On s’informera. On m’a rapporté qu’à Bornéo (île indo-malaise) les mythiques coupeurs de têtes reprennent parfois du service… pour régler des comptes entre eux. Tant qu’ils ne nous cuisinent pas, c’est leur problème. Car un séjour y est incontournable.

Christophe Riedel

www.indonesie-tourisme.fr

Crédit Photos : OT Indonésie, Dharmawangsa Hotel, Café Degan Bali, C.Riedel

Un hôtel à Jakarta

Il y a matière à un séjour décemment paradisiaque de 2 nuits à l’hôtel Dharmawangsa. Vous êtes en face de chez le Vice-Premier ministre,sa maison gardée par un tank est un repère facile,  en dehors de la ville tentaculaire. En cet hôtel règne une note jasminée et une atmosphère coloniale boisée.

Tout est d’un raffinement considérable, la salle du restaurant vous replonge dès le petit déjeuner dans de fictives années vingt (car il date de 1992).  Excellente approche des arts culinaires, le Chef est fidélisé, dieu merci. Bien sûr, de beaux jardins, des suites époustouflantes où vinrent tant de présidents (dont peut-être le prochain américain, Hillary Clinton, si elle n’est pas victime d’une trumperie à moumoute blonde mysoginique entretemps : pardon ! Cela semble improbable, mais qui sait ?

Au fait, je perds dix points pour parenthèse jamais refermée. C’est agaçant, ça. En même temps, la vie est une parenthèse jamais refermée.

Au spa, au premier étage d’un des bâtiments, un insolite petit jacuzzi carré s’ouvre en balcon, éperon à l’air libre donnant sur les tours de la ville, via l’habituelle zone-tampon sociologique de bois résidentiels. Une sorte de petit Bois de Boulogne jakartien…

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