Dark side of El Corbusier, Cinquantenaire explosant

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avril 29, 2015 par Parallèles Potentiels

Une dérouillée ? une statue rouillée ? A l’heure du Cinquantenaire, exégèses, éloges, beaux livres se ramassent à la pelle… souvenirs aussi.

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N’empêche que j’aime et retiens de lui des idées radieuses, telle La main ouverte à Chandigarh du Corbusier, pour donner et recevoir, partager. Que le designer Ora Ito vient de reloader en grand format bois sous le sigle LC15 avec l’éditeur Cassina (avec des photos du Corbu jeune, se baquant dans une bouée dans ‘eau, avec un air de jeune, son unvers mobilier étant reconstitué dans la boutique Cassina du Boulevard Saint-Germain, Métro Rue du Bac) avec le Modulor. Je verrai bien cela chez moi…

Il faut bien trouver un angle pour se démarquer des flonflons officiels, dirait-on : des biographes roués soulignent le cotė obscur de la force, voire l’aspect brun fasciste du starchitecte papal.

Comme si on avait voulu le gommer, ce côté obscur ? Je ne crois pas. Tout est à remettre en place aussi dans le contexte de Commande publique d’alors, comme les tours et barres des grands ensembles d’après guerre.

A quel point faudrait-il déboulonner Saint Jeanneret ? A tempérament ? 

Revue de p(a)resse.

Personnellement, m’avait certes frappé la folie de son Plan Voisin qui voulut raser le Centre parisien, le Marais, en faveur de rocades et d’alignement de tours au Musso stal (museau sale). Mornes et sans maxi-surfaces vitrées. Ce n’était pas encore à la mode. Mais ça rappelle un peu la BNF de Dominique Perraud.

J voudrais juste ajouter cela : comme le dit un article du hors série Télérama de l’exposition à Beaubourg, y croyait-il vraiment, à ce Plan voisin, Le Corbusier ?

N’était-ce pas avant tout un effet d’annonce tape à l’oeil, comme les cabinets d’architectes stars d’aujourd’hui en raffolent aussi ?

Un mien ami, spécialiste du Corbu, m’avait dit en 2014 qu’il demeurerait inclassable Unesco en raison de certains de ses écrits. C’est également la conclusion de l’article * de Luc Le Chatelier, dont un collègue du même journal (si je ne m’abuse, Docteur) a publié dans la moisson d’avril (voir ci-dessous) une biographie sobrement sous- titrée :

Le Corbusier , un fascisme français

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Revue de p(a)resse 

Grand  prix de L’édito tiré par les manchettes sensationnalistes à Télérama, donc qui transfome le Corbu en Joker : Double face

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Le Corbusier, un monument fissuré,  Luc Le Chatelier, Publié le 28/04/2015.
Il est célébré pour son œuvre architecturale novatrice. Pourtant, le concepteur de la Cité Radieuse était avant tout un forcené de la norme, proche de mouvements fascistes et admirateur de régimes totalitaires. Un visionnaire qui théorisa la froideur des cités-dortoirs et voulut faire raser le centre de Paris.

Fada ou facho ? Bâtisseur visionnaire ou urbaniste dévastateur ? Artiste total ou habile propagandiste ? Cinquante ans après sa mort, Charles-Edouard Jeanneret, alias Le Corbusier (1887-1965), grosses lunettes rondes et sempiternel nœud papillon – sauf lors de ses vacances naturistes dans son cabanon de Roquebrune-Cap-Martin –, ne reste pas par hasard l’architecte le plus connu du grand public. Le plus discuté, aussi : ce printemps, en marge d’une grosse exposition au Centre Pompidou, pas moins de sept livres et un hors-série de Télérama explorent encore la vie et l’œuvre de ce drôle d’oiseau.

Recto

« L’architecture, c’est, avec des matériaux bruts, établir des rapports émouvants. »Dans l’art de bâtir, Corbu est un maître. La Villa Savoye prend peut-être l’eau, mais elle a une de ces lignes ! A Ronchamp, qu’on le croie ou non, sa chapelle emporte l’âme. Et si, vue d’en bas, la Cité radieuse écrase le paysage, son toit-terrasse sous le ciel cobalt de Marseille est un havre de sérénité. Vraiment moderne par son approche des formes, simples, orthogonales, mais très dessinées, et son utilisation des matériaux de son temps, le métal, et surtout le béton qu’il coffre à sa volonté, Le Corbusier fait de ses bâtiments de véritables sculptures.

A une époque où les voyages sont difficiles, notre homme n’hésite jamais, saute dans un paquebot, un Zeppelin, un avion, traverse les océans et, quasi seul de sa génération, construit partout. En Suisse, en France et en Belgique bien sûr, mais au Japon, à Boston, en Argentine et au Brésil encore ! Et même une ville entière en Inde – Chandigarh –, un palais à Moscou ou, tout récemment redécouvert, un gymnase à Bagdad… Dans chaque édifice, il met la même force, le même engagement, sans concession. Pas de doute, il s’agit là d’une œuvre-manifeste du XXe siècle qui justifie son classement au patrimoine de l’huma­nité, comme le tentera la France en 2016.

Verso

Radicalement moderne – il se revendique même « puriste » –, Corbu ne fait pas des maisons, mais des « machines à habiter ». Théoricien forcené de la « grandeur conforme », il norme tout : « Les cinq points de l’architecture nouvelle » (pilotis, plan libre, fenêtre en longueur, façade libre, toit-terrasse), « les 7 V » ou niveaux de voiries de circulation à Chandigarh, et le Modulor, évidemment, cette silhouette masculine de 1,83 m, fondé sur une échelle logarithmique mâtinée du nombre d’or qui lui sert d’étalon pour ses constructions. ? Très lié à des fascistes notoires, le docteur Winter ou François de Pierrefeu, fasciné par les dictateurs – Staline un peu, Mussolini beaucoup, Pétain un temps –, il a une obsession : « Où l’ordre règne naît le bien-être. » Air pur, murs blancs, « on fait propre chez soi, puis on fait propre en soi ». Ce culte de l’hygiène, du corps et du sport l’emmène dans de totalitaires délires urbains.

Son plan Voisin (1925) veut raser les quartiers insalubres du centre de Paris — sauf la place des Vosges — pour y dresser à distance régulière des gratte-ciel desservis par des voies rapides sur pilotis. Pour Alger, son projet Obus (1930) doit « pulvériser les idées reçues », enserrant toute la rade, sur plus de dix kilomètres, d’un seul immeuble dont la toiture est une autoroute. Mais c’est sa Charte d’Athè­nes (1943), dogme autoproclamé de la modernité, qui fait le plus de dégâts en suggérant à des aménageurs peu inspirés ces cités-dortoirs et villes nouvelles qui pourrissent les paysages et la vie des habitants. Impossible de classer pareil personnage à l’Unesco… *

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Aux Editions du Patrimoine, nous trouvons cette monographie, bien dans l’esprit de la Collection Carnets d’architectes (et de lieux) destinée à l’origine aux étudiants : abordable , qui « fait la part belle aux mots du Corbu, lettres et écrits ». Bien documentée.

LE CORBUSIER

CONSTRUIRE LA VIE MODERNE

Collection « Carnets d’architectes »

par Guillemette Morel Journel

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À l’occasion du 50e anniversaire de sa disparition, les Éditions du patrimoine firent découvrir cette monographie richement documentée, apportant une vision globale sur son œuvre, dans l’appartement-atelier où il vécut jusqu’à sa mort, devenu La Fondation Le Corbusier, au dernier étage du bel immeible 24 rue Nungesser et Coli (Porte d’Auteuil). Qu’on peut visiter le samedi de 10 à 17h , d’ailleurs, une bonne idée.

Superbe atelier et terrasse, avec en face le stade Jean Bouin de Rudy Ricciotti en pendant à résille de béton fibré, également de belle facture

 » Sans conteste l’un des architectes les plus inventifs et influents de son siècle, Le Corbusier est le premier à pratiquer son métier à l’échelle mondiale. Il n’a cessé de voyager pour apprendre d’abord, pour diffuser ses théories ensuite, enfin pour construire.

Cet ouvrage propose un regard nouveau et synthétique sur le parcours de celui qui définissait l’architecture comme « Le jeu savant, correct et magnifique des volumes assemblés sous la lumière ».  L’auteur, s’appuie sur les études et travaux les plus récents de l’œuvre de Le Corbusier pour livrer les facettes multiples et contrastées de ce créateur d’exception.

Guillemette Morel Journel est architecte et docteur en histoire de l’art de l’EHESS. Elle et chercheuse à l’École nationale supérieure d’architecture Paris-Malaquais ; ses travaux portent sur l’architecture et ses doctrines au XXe siècle. Elle a publié de nombreux textes sur Le Corbusier et est également l’auteur du guide de la villa Savoye paru dans la collection « Itinéraires ».

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Pour célébrer ce cinquantenaire, le Centre des monuments nationaux propose à la villa Savoye une programmation culturelle tout au long de l’année, enrichie de la parution de deux autres livres :

Le Corbusier, peintre au Cap-Martin

Par Tim Benton

Hors collection

À paraître en octobre 

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Sur la barge péniche de béton en déséhrence depuis les années 90, à Austerlitz, que j’aime bien : la réhabilitation, titanesque mais assumée,semble suivre son cours.

La Cité de refuge de l’Armée du Salut, Le Corbusier

par Gilles Ragot et Olivier Chadoin, photographies de Cyrille Weiner, À paraître en novembre Collection « Monographies d’édifices »

Cela tombe bien, cet ouvrage sur ce lieu, on verra pourquoi à la rentrée scolaire, je ne vous en dis pas plus pour l’instant. Mais une exposition est possible, associant deux villes et une Cité, d’improbable et savoureuse façon.

 

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Cerise sur l’archi chaud

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Enfin, au rayon « Négatifs perdus retrouvés à Saragosse par les héritiers »,  j’ai adoré en inclassable : l’insolite exposition à la librairie Volume, 75 rue NSD de Nazareth, et la parution concernant Charlie Bueb. Qui ? L’inconnu du jour est un photographe sportif qui a associé DS et bâti de Notre Dame de Ronchamp pour une série, retrouvée par sa fille :

« L’aventure de la découverte du travail de Charles Bueb prend enfin la forme définitive du livre édité par les éditions Facteur Humain. Depuis hier, le livre est disponible et une exposition des photographies de Charles Bueb est visible à la Librairie Volume. Il est rare dans une vie d’amateur d’images de pouvoir ainsi depuis une carte postale voir se concrétiser une histoire et aussi surtout l’invention du travail d’un photographe. Je ne remercierai jamais assez internet de m’avoir mis en relation avec les filles de Charles Bueb puis d’avoir pu les rencontrer en février 2013. L’histoire, vous la connaissez, c’est celle de ma découverte d’un fonds photographique inédit à partir de la publication sur ce blog en 2012 d’une carte postale que je ne résiste pas à vous donner une fois encore… »
On peut se rendre à la Librairie Volume jusqu’au 16 mai pourcette exposition vente de clichés, beaux tirages récents et restaurés par les éditeurs. Dont deux ont été utilisé par la monographie aux éditions du patrimoine, d’ailleurs.
Aperçus au smartphone ici :
2015-04-15 19.40.58 2015-04-15 19.29.41
Ronchamp, Charles Bueb, Le Corbusier
Claude Parent, Jean-François Mathey, David Liaudet.
éditions Facteur Humain
Julien Donada, Grégoire Romefort
 
Librairie Volumes
47, rue Notre-Dame de Nazareth
Paris
Et la réponse, nuancée et pertinente du président de la Fondation :
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 « Qui a peur de Le Corbusier ? »

Le Point, 25/04/2015 L’architecte, dont on célèbre les 50 ans de la mort, est accusé de « fascisme ». Antoine Picon, président de la Fondation Le Corbusier, répond.

ROPOS RECUELLIS PAR 

Le 1er septembre 1965, André Malraux prononçait au Louvre l’éloge funèbre de Le Corbusier, son « maître » et « ami », devant des ambassadeurs du monde entier. Cinquante ans plus tard, en guise d’hommage anniversaire et alors que le Centre Pompidou lui consacre une grande rétrospective, l’architecte reçoit des coups de griffe : trois ouvrages paraissent qui soulignent ses sympathies brunes. « Fasciste », Corbu ? On connaissait sa foi en un homme régénéré, sain de corps, utile à une société machiniste. Xavier de Jarcy, Marc Perelman et François Chaslin (*) vont plus loin. Ils rappellent son amitié avec le docteur Pierre Winter ou l’ingénieur François de Pierrefeu, eugénistes et membres de groupuscules fascistes dans les années trente. Relèvent, dans sa correspondance, des propos antisémites. Soulignent sa conception d’une guerre à visée hygiénique et son séjour à Vichy entre 1941 et 1942. Une instruction à charge ? Antoine Picon, professeur d’histoire de l’architecture à Harvard et président de la Fondation Le Corbusier, leur répond.

Le Point.fr : Le Corbusier se voit aujourd’hui accusé de « fascisme ». Quel regard portez-vous sur cette polémique ? 

Antoine Picon : Il faut d’abord rappeler que l’entre-deux-guerres est une époque de crise, qui voit prospérer en Europe et aux États-Unis l’idée d’un contrôle autoritaire de la production et de la société allant jusqu’au fascisme, et on ne compte pas les trajectoires individuelles qui vont alors de la sympathie fascisante à l’admiration pour l’URSS. La période est intellectuellement très complexe. En France, il existe tout un spectre de positions politiques, y compris les gens attirés, comme Le Corbusier, par les idées de planification autoritaire. On ne peut non plus minorer le poids des illusions rétrospectives : certaines des idées développées dans ces années-là ont pris un tout autre relief après la guerre et l’horreur de la Shoah.

Dans ce cadre, où faut-il situer Le Corbusier ? 

Il est clair, d’abord, qu’il est attiré par ces idéaux de planification autoritaire. Ce n’est pas neuf et la Fondation Le Corbusier, où sa correspondance est disponible depuis plus de vingt ans, n’a jamais jeté de voile là-dessus. En outre, Le Corbusier est à l’évidence flatté par l’attention que les fascistes lui prêtent, et juge intéressantes certaines de leurs idées. Pendant un temps, il admire Mussolini, il se rend en Italie dans l’espoir de commandes. Mais il répète aussi à plusieurs reprises qu’il n’est pas fasciste, et jamais il n’a été tenté par le nazisme. L’architecture moderne fait en réalité assez mauvais ménage avec les extrêmes droites des années trente. On rappelle toujours l’exemple de l’Italien Giuseppe Terragni qui dessina la Maison du fascisme à Côme, mais on oublie que les Allemands ont voulu raser la cité du Weissenhof à Stuttgart imaginée par Mies van der Rohe ! Le Corbusier représentait une architecture que la plupart des fascistes considéraient comme arabisante, interlope, internationale…

 © DR

Il faudrait donc parler de cécité de sa part ? 

S’il est un reproche qu’on puisse lui faire, c’est, en effet, celui d’un manque de sens politique. Il est convaincu que l’excellence des solutions qu’il propose en matière d’architecture et de ville l’emporte sur les considérations partisanes. Cela paraît aujourd’hui naïf, critiquable, et il ne s’agit évidemment pas de l’héroïser. Mais je suis navré de voir qu’on désigne certains passages de sa correspondance familiale et certains de ses choix en omettant les nombreux autres éléments qui rééquilibreraient son image. On ne rappelle pas que, dans les mêmes années trente, Le Corbusier construit le siège du Centrosoyuz à Moscou, l’Union des coopératives de consommation soviétiques. On ne relève pas sa longue amitié avec Jean Cassou, qui fut membre du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes et proche de Jean Zay. On oublie son soutien aux républicains espagnols. On ne dit rien de ses liens après guerre avec Malraux ou Nehru.

Il y a, tout de même, ces longs mois passés à Vichy entre 1942 et 1943. 

 © Sipa

En effet. Mais, là encore, on oublie les ambiguïtés réelles de l’époque. Pendant longtemps, le général de Gaulle n’est qu’une voix lointaine. Beaucoup de gens pensent qu’il n’y a d’autre avenir qu’une reconstruction française et l’on trouve à Vichy un grand nombre de technocrates qui courtisent Pétain dans ce but. Parmi eux figurent d’ailleurs des gens célèbres et dont certains ont ensuite rejoint la Résistance. Comme notre ancien président décoré de la francisque, le grand démographe Alfred Sauvy ou les membres de l’école des cadres d’Uriage, pourtant fondée en 1940 par Vichy dans la plus pure tradition maréchaliste…
Le Corbusier était-il antisémite ? 

Il y avait sans doute, chez lui, un fond d’antisémitisme latent, venu de son enfance à La Chaux-de-Fonds parmi une petite bourgeoisie horlogère tributaire de grands propriétaires juifs. Mais la chose mérite d’être nuancée. Le Corbusier a eu de nombreux collaborateurs juifs. Il soutient dès les années trente le projet politique du sionisme qu’il se propose même d’aider comme architecte et, dans une lettre, écrite en 1938, il s’alarme du sort terrible des juifs allemands. Après-guerre, ce qu’il conservait d’antisémitisme tend à disparaître tout à fait. Évidemment, Le Corbusier avait un ego démesuré. Évidemment, il n’a pas toujours été un personnage très sympathique. Évidemment, il a eu ses mesquineries. Mais il était aussi un visionnaire, qui a voulu oeuvrer au bien de l’humanité et qui, s’agissant de son oeuvre, a toujours fait preuve d’une grande intégrité. Il avait une foi totale en ce qu’il proposait et mettait autant de raffinement architectural dans la conception d’une villa de luxe que dans celle d’un immeuble pour sans-abri.

On a souvent parlé d' »utopie » à propos de ses projets. À tort ?

Il a rencontré des préoccupations qui se trouvaient être également celles de l’utopie depuis le début de l’ère industrielle : comment vivre de façon très technologique en maintenant le lien avec la nature ? Comment concilier la frénésie d’une société où les machines tiennent de plus en plus de place avec les rythmes naturels du corps humain ? Comment réinventer des formes dynamiques de collectif qui n’annulent pas l’individu ? On ne peut cependant qualifier d' »utopiques », au sens strict, les réponses qu’il a apportées. Elles sont avant tout spatiales, architecturales. C’est l’unité d’habitation, par exemple, qui prend modèle sur le paquebot. Pourquoi ? Le paquebot est cette prouesse technologique qui permet de jouir du soleil, de la mer et du vent, où l’on passe de l’isolement dans la cabine à la vie commune du pont. De même, l' »unité d’habitation » offre avec le toit-terrasse un lieu où demeurer immobile, méditer au contact des éléments, et les habitants peuvent se retirer dans leurs « cellules » tout en jouissant de services collectifs.

Marc Perelman et Xavier de Jarcy invitent justement à revoir notre jugement sur son oeuvre à l’aune de ses sympathies fascistes. 

On nous explique que son amour des tracés orthogonaux prouve son penchant fasciste. Que peut vouloir dire une thèse pareille ? Les États-Unis, qui partagent la même passion, doivent-ils être qualifiés de « fascistes » eux aussi ? Et ne serait-il pas plus intelligent de relire ces oeuvres à la lumière de ce qu’elles sont aujourd’hui pour les premiers intéressés, ceux qui les habitent ? La Fondation Le Corbusier compte, parmi les membres de son conseil d’administration, la présidente de la Fédération européenne des habitants des unités d’habitations. Des milliers de personnes vivent dans ces immeubles, et ne se reconnaissent absolument pas dans des pages où on les décrit comme habitant des clapiers, purs produits d’une imagination totalitaire.

 © AFP

Pourquoi, selon vous, cette polémique naît-elle aujourd’hui ?

Elle n’est pas neuve : l’accusation d' »antisémitisme » a déjà été portée contre Le Corbusier il y a une dizaine d’années. Je vois plusieurs raisons à ce qu’elle se réveille aujourd’hui, outre l’opportunité qu’offre le 50e anniversaire de sa mort. La première est que nous vivons une période de grande incertitude : les idéaux de progrès et de croissance font débat, la France doute de sa position et de son avenir dans un univers mondialisé. Tout cela redonne de la légitimité à un discours anti-moderne qui existe depuis longtemps et qui couvre un spectre très large. Joue également le traumatisme lié aux tours et aux barres de la France des Trente Glorieuses. On a fait de Corbu leur père, ce qui est assez abusif puisqu’il est mort avant que ne soit lancée la politique de construction de grands ensembles. Surtout, on peine à admettre que tout n’y est pas que sanglots et grincements de dents, qu’il s’y trouve des réussites et des éléments de patrimoine. La vraie question, au fond, est : qui a peur de Le Corbusier ? Qui a peur du cadavre au point de chercher à l’exorciser ainsi ? Je trouve formidable que cet homme né en 1887 soit encore vu comme le symbole d’une modernité ébouriffante.

(*) François Chaslin, Un Corbusier, Seuil, 528 pages, 24 euros. Xavier de Jarcy, Le Corbusier, un fascisme français, Albin Michel. 288 pages, 18 euros. Marc Perelman, Le Corbusier, une froide vision du monde, Michalon, 256 pages, 18 euros.

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Un sommet est atteint dans les deux articles qui suivent, avec de plus en plus de précisions historiques accablantes.

http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/05/14/le-corbusier-ou-le-corps-ecrase_4633491_3232.html

Et ici :

La charpente fasciste de Le Corbusier

Le Corbusier en 1961 (AFP PHOTO / STF)

Les détracteurs de Le Corbusier ont une nouvelle raison (en béton) de le détester. A l’heure du 50e anniversaire de sa mort, et à quelques jours de l’ouverture d’une exposition au Centre Pompidou (29 avril-3 août), deux ouvrages viennent en effet rappeler la part d’ombre de l’architecte à qui l’on doit notamment la Cité radieuse marseillaise.

Charles-Edouard Jeanneret, alias Le Corbusier, « a milité pendant vingt ans dans des groupes dont l’idéologie était très nette », explique ainsi François Chaslin, qui publieUn Corbusier, aux éditions du Seuil. Un passé sombre « caché », selon lui. Xavier de Jarcy a choisi de son côté de le révéler dès le titre de son ouvrage : Le Corbusier, Un fascisme français.

« Classez les populations urbaines, triez, refoulez ceux qui sont inutiles dans la ville. »

HITLER ET SON « ŒUVRE GRANDIOSE »

La tentation fasciste de l’architecte n’est pas une découverte. La proximité de Le Corbusier avec certains membres du Faisceau, de Georges Valois, premier parti fasciste français, est connue depuis longtemps. Tout comme sa participation aux revues de plusieurs idéologues de la droite nationaliste.

La fondation Le Corbusier le rappelle d’ailleurs brièvement dans la page dédiée à sa biographie : « 1929 : collaboration à la revue Plans » ; « 1933 : membre du journalPrélude » ; »1941 : Séjour prolongé à Vichy ».

En 2010, Fox News évoquait également la correspondance échangée entre l’architecte et sa mère, dans laquelle il exprime clairement, en 1940, sa sympathie pour Hitler :

« Hitler peut couronner sa vie par une œuvre grandiose : l’aménagement de l’Europe. »

Une accusation d’antisémitisme poussera la banque UBS à le retirer d’une de ses campagnes publicitaires, en 2010.

UNE « IDÉOLOGIE MISE EN FORME »

Si le penchant fasciste de Le Corbusier n’est pas nouveau, l’écrivain Benoît Peeters souligne dans Libération ce qui ressort de sa lecture des deux ouvrages : la pensée politique de l’architecte a « marqué en profondeur sa pensée urbanistique ». La standardisation prend ainsi « une valeur morale » chez celui qui affirmait que « l’animal humain est comme l’abeille, un constructeur de cellules géométriques. »

« On dissocie ses idées, son urbanisme et son architecture, alors que c’est une même chose », confirme Marc Perelman, qui avait enquêté dès 1979 sur l’architecte et en avait tiré un livre : Le Corbusier, une froide vision du monde (Michalon).

Les Echos font le même constat, regrettant que « se trouve effacé tout ce qui, dans cette œuvre, relie politique fasciste et urbanisme politique. »

« Le culte de l’angle droit, la haine des courbes, du désordre, le refus des sédiments du hasard et de l’histoire, le goût forcené pour la fabrication en série et la standardisation constituent pourtant de l’idéologie mise en forme », analyse ainsi Roger-Pol Droit. Une idéologie qui a mené à la célèbre « unité d’habitation de grandeur conforme », autrement appelée « grand ensemble ».

Serge Klarsfeld, président de l’association Fils et filles de déportés juifs de France, estime donc que l’exposition à venir au Centre Pompidou devrait montrer « toutes les facettes de la personnalité de Le Corbusier« Ce qui ne sera pas le cas, car aucune allusion à son passé sombre n’y sera faite. L’exposition « ne traite pas de l’ensemble de l’œuvre de Le Corbusier », ont justifié ses organisateurs à l’Agence France-Presse, soulignant que « ses relations avec Vichy ont été traitées » lors d’une rétrospective en 1987.

Source : http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2015/04/24/la-charpente-fasciste-de-le-corbusier/
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Que cela était tendu ! Délassons-nous maintenant en partant à Roquebrune Menton, du côté du Cabanon enfin restauré début 2015, après tant de fois passé devant en déshérence. Il se trouve sur la falaise rocheuse, 100 mètres en-dessous de la maison de mon oncle/figure du père disparu, reconstituée avec de vrais morceaux d’un amour quasiment filial (Manfred).

Il (le cabanaon, pas Manfred) ouvrira en bonne et due forme à partir de mai. Le Châtelier de Télérama mord son chapô : bien tape à l’oeil, il insiste en intro sur la bétonisation de la Côte  pour faire plus authentique. Après, l’article est très instructif, point hâtif. Cesse d’être tiré par les chevaux du désir éditorialiste.

Du Cabanon à la Villa E 1027

Sur son rocher isolé au milieu du Sud-Est bétonné, il fréquentait ses amis Eileen Gray, Jean Badovici et… trouva la mort sur la plage en contrebas.

a Côte d’Azur, là-bas entre la vision dantesque de Monaco hérissée sur la mer et les douceurs retraitées de Menton, donne à certains, allez savoir pourquoi, des nostalgies de Bretagne ou d’Ecosse ! Impossible par ici de trouver plus de cent mètres de nature d’un seul tenant, sans maisons, immeubles, marinas les pieds dans l’eau. Sauf qu’en cherchant bien…

Corbu fut de ceux-là, qui se dégotta sur les rochers, à l’écart de la route, en dessous de la voie ferrée qui court le littoral, un petit lopin pour y planter son « château de vacances ». 3,66 m de côté sur 2,66 sous plafond. Une boîte minimum, calculée au Modulor qui fut, en quelque sorte, sa dernière demeure.

© Fondation Le Corbusier, ADAGP, 2015 (gauche) et Photo Olivier Martin-Gambier 2006 © Fondation Le Corbusier, ADAGP 2015

C’est sur la plage en contrebas qu’il est mort d’une crise cardiaque, le 27 août 1965, rendant du même coup célèbre un certain certain Henry Pessar, paparazzo amateur, auteur de l’ultime portrait du maître.

Mais qui est l'homme derrière ?

Mais qui est l’homme derrière ?

Photo Henry Pessar

De fait, Corbu, sur la Riviera, était un peu un squatteur. Notamment chez ses amis architectes et décorateurs (avec qui, comme toujours, il finira par se fâcher) Eileen Gray et Jean Badovici qui, à cet endroit même s’étaient construit la villa E1027 (E pour Eileen, 10, pour le J de Jean, comme 10e lettre de l’alphabet, 2 pour le B de Badovici, 7 pour le G de Gray). Une élégante construction qui respectait peu ou prou les « 5 points de l’architecture moderne » (Pilotis, plan libre, fenêtre en longueur, façade libre, toit terrasse) édictés par maître Corbu.

La villa E1027

La villa E1027

Photo Luc Le Chatelier

Juste derrière, il y avait l’Etoile de mer, le bistrot de Thomas Rebutato, qui, en échange du terrain sur lequel Le Corbusier pu construire son cabanon, lui demandèrent d’installer, sur l’un de leur terrain de boules, cinq « unités de camping » de grandeur conforme : c’est à dire minimum.

Photo Luc Le Chatelier © Fondation Le Corbusier/ADAGP 2015

Aujourd’hui muséifiés, la Villa E1027, le cabanon et les unités de camping, propriétés du Conservatoire du littoral, sont gérés par l’office du tourisme de Roquebrune-Cap-Martin

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De passage à la fondation Vuitton, j’apprends qu’en hommage au Corbusier de Notre Dame de Ronchamp, Frank Gehry voulait du béton projeté en revêtement de son bâtiment du jardin d’Acclimatation. Il opta finalement pour un béton fibré à couverture carbone, lisse comme un plaquė mural pour salle de bain. Agréable au toucher.
Je ne regrette pas le béton projeté : c’est le terriblement râpeux crépi du passé. Qui me râpe toujours autant l’avant bras ou le dos de la main dans les descentes d’escalier. Qui aime le crépi ?=============Une dernière photo enfin, prise par moi. Rien à voir mais tout à voir :

Elle renvoie dans les cordes la vanité de service, la commémoration de l’oubli de soi ? Ici, avec les titres suivants : Aux Cent derniers jours. Ceux Du Pain des hommes ?

2015-04-15 18.53.39

Mise à jour 04/06/15 : La première exposition organisée sur la Péniche Louise-Catherine du Corbu à Paris-Austerlitz, en cours de réhabilitation jusqu’à l’automne, a eu lieu début juin (jusqu’au 14), suite à la résidence de deux mois d’un céramiste, Frédérick Gautier, qui y a fabriqué 100 théières en béton ! Regardez la vidéo,  un doc un peu long, un  bon rendu surtout de la création in situ en ce lieu prometteur : 

http://moisarchitectureidf.org/un-evenement/op-tx100-installation-pop-du-ceramiste-frederick-gautier-sur-la-peniche-louise

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Je vous laisse avec ces quelques

commentaires à La charpente fasciste de Le Corbusier

  1. On se doutait bien qu’il fallait une vision un peu malade du monde pour s’imaginer pouvoir parquer les humains dans des petites cellules de béton et pouvoir recréer artificiellement une vie citadine à l’échelle d’un bâtiment, un peu comme on fait croire aux poules d’élevage industriel que c’est le jour ou la nuit grâce à des lumières électriques.

    Une vision totalement utilitariste de l’homme et de la cité, un délire moderniste du genre de ceux qui voyaient l’autoroute arriver au cœur des villes, une utopie expérimentale digne des années 60.
    A oublier et merci d’avoir pousser le délire jusqu’à la réalité, ça a permis de tester les dégâts grandeur nature et de savoir ce qu’il ne fallait surtout pas faire pour construire un cadre de vie agréable et promouvoir une intégration du citoyen à la vie de la cité. On en paye encore le prix.

    Rédigé par : ElGringo | le 24 avril 2015 à 15:33 | RépondreSignaler un abus |
    • Allez donc faire un tour à Chandigarh en Inde, Une ville avec un cadre de vie bien plus agréable que certaines ville françaises…

      Rédigé par : cabalidub | le 24 avril 2015 à 17:28 | RépondreSignaler un abus |
      • Le cadre de la ville est sans doute agréable ( et je ne doute pas que vous y ayez vécu), mais est-ce vraiment le cas grâce aux créations bétonnées de Le Corbusier?

        Rédigé par : lefloch | le 24 avril 2015 à 17:34 | RépondreSignaler un abus |
        • Mon père a grandi dans la cité radieuse de Marseille juste après la guerre, et il y a a été très heureux. Les appartements sont très bien conçus, et c’est au contraire un beau pari. Au passage, ma famille a des origines juives, et je condamne bien entendu l’antisémitisme, le racisme, le négationnisme etc etc. Mais il ne faut pas tout mélanger.

          Rédigé par : coralie | le 24 avril 2015 à 18:45 | RépondreSignaler un abus |
          • « Mais il ne faut pas tout mélanger. »

            Quand une œuvre, en l’occurrence l’architecture, est intimement liée à une idéologie, en l’occurrence le fascisme, si Mr, on peut et on doit même « tout mélanger ».

            Rédigé par : @ coralie | le 25 avril 2015 à 14:28 | |
          • Exactement. Tous ceux qui ont vécu dans de habitations construites par ce grand architecte et ses élèves ou qui se réclament de son art en ont été et sont très heureux .
            Rien à voir avec les cages à lapins et autres constructions débiles

            Rédigé par : bruno | le 25 avril 2015 à 18:37 | |
    • Son opinion politique est une chose et il est vrai que certaines de ces oeuvres brutalistes présentent une similarité avec des édifices hideux de l’architecture totalitaire. Qui plus est, ne voyant que d’un oeil on pourrait le confondre avec Jean Marie…je blague.

      Cependant une grande part de son travail restera a jamais une source de créativité pour les futurs mouvements: pour son esthétisme, sa fonctionnalité et son rapport á la société. Je suis pas un fervent admirateur du Corbu mais il faut avouer qu’il a su proposer des réponses a des problemes comme la surpopulation en ville due a l’exode rural. Fallait pas fuir les campagnes, les gars!

      Pour moi il est important d’interpreter ses oeuvres dans son contexte d’origine et selon son propre entendement pour en tirer des idées novatrices pour l’avenir.

      C’était un facho, soit! Mais aussi un putain d’artiste!

      Rédigé par : Yuco la soudure | le 25 avril 2015 à 02:27 | RépondreSignaler un abus |
    • Je ne poste jamais de commentaire mais là trop c’est trop.
      Quand allez-vous cesser les uns et les autres de parler au nom des 4000 habitants qui résident dans les 5 Unités d’Habitation ? Nous ne nous reconnaissons pas dans vos caricatures de nos immeubles et de nos appartements.
      Prenez le temps de nous rendre visite, de séjourner parmi nous, d’échanger avec nous et de pousser la porte des appartements privés que nous ouvrons lors des Journées du Patrimoine et vous vous rendrez compte de la chance que nous avons.
      C’est facile de juger Corbu et nos « petites cellules de béton » au regard des standards actuels. Vous rendez-vous compte du progrès considérable dans nos vies qu’a été l’arrivée à la Cité Radieuse de Marseille ou à la Maison Radieuse de Rezé ? Nous venions, dans le contexte de la crise du logement d’après guerre, de logements minuscules et souvent insalubres et là : de la lumière, le confort, de la place ( 100M2 pour un type 4 à Marseille, 75M2 à Rezé ), et des espaces collectifs prévus pour ce qu’on appelle aujourd’hui le lien social.
      Que Le Corbusier ait eu un caractère détestable et des amitiés troubles, personne ne le conteste et ce n’est pas un scoop mais cela n’enlève rien à la manière attentive dont il nous a construit un habitat de qualité.
      Si nous étions si malheureux , aurions nous tous des projets participatifs pour célébrer 2015 et NOTRE architecte ?
      Pour ma part, je suis arrivée petite fille par hasard et j’y suis toujours, 60 ans après, par choix.
      C’est votre liberté de ne pas aimer notre béton mais nous ne pouvons pas vous laisser énoncer sans réagir des contrevérités.

      Rédigé par : radieuse | le 25 avril 2015 à 11:20 | RépondreSignaler un abus |
  2. Peut-être, en attendant on continue à construire des horreurs, des pavillons minables, des appartements bas de plafond, sans volume, des façades avec des pseudo décorations qui n’ont aucun sens, soi disant « post modernes » mais qui cache le degré 0 de la pensée.
    On parle toujours des immeubles pour les masses de Le Corbusier, comme s’il n’avait fait que ça (en oubliant que l’intérieur était extrêmement bien conçu).
    Ses villas sont magnifiques, et pratiquement indépassées. Tous les architectes contemporains un peu exigeant s’en inspirent.
    Qu’est-ce que les autres ont à proposer? Ils détestent le Corbusier? Et leur zones pavillonnaires qui ont couverte la France et continuent ?
    La France n’est malheureusement pas un endroit où le goût pour l’architecture est le plus développé. Il faut aller en Hollande ou en Italie, pour trouver un sens du design, du moderne, qui soit inspiré. Seuls les princes exigent de l’architecture en France, les autres se contentent de peu.

    Rédigé par : Bébé Cadum | le 24 avril 2015 à 15:36 | RépondreSignaler un abus |
    • Hélas on peut regretter les errements de Le Corbusier, mais la laideur pavillonaire de la Belgique n’a rien à envier à celle de la France.
      La ou les scandinaves sont eduqués pour connaitre le concept du « design », la France et la Belgique ne font rien pour enseigner l’approche du bon goût.
      C’est désespérant,les architectes sont prisoniers du diktat de leurs clients, sans parler de l’ameublement et de la décoration.
      Dis-moi comment tu habites je dirai qui tu es.

      Rédigé par : H.Brauner

      =====================

      Christophe Riedel PS : Voila qui restitue bien tout ce dont Le Corbusier est l’enjeu, ce qui à travers lui se déjoue…

      Back to Péniche Louise Le Corbusier, back to Quai d’Austerlitz, début novembre 2015. L’exposition Urban Itopias s’est achevée le 31/10 dans la joie, pour ses protagonistes en tout cas, dont un délaissé sur le tard. La couverture de béton prend forme au-dessus des 3 greniers, quasi… achevée. 12194543_10153734503848734_4531657830896483702_o (1)

      les ouvriers natifs de l’Est pestent un peu en disant qu’ils n’en auront jamais jamais, mais si. Puis on végétalisera ces toits au printemps…

      La date de fin des travaux sur le permis affiché est à 07/2016 :

      UjAywJBmblagtEQHBiyqU8C6WWjvGo423jLnzRaSNJ4

      A suivre, donc. A l’été 2016, elle serait reliée, comme ses voisines péniches, par passerelle à huit mètres du quai. Duquel les centaines de migrants, en tente Quetschuant, ont été évacués en octobre. Vers des abris hivernaux en dur en région IDF. France Info informa qu’ils en étaient soulagés, si ce n’est contents. Espérons-le pour eux.

      ==================

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Une réflexion sur “Dark side of El Corbusier, Cinquantenaire explosant

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