Architexture : Des Menuires se patinant

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février 13, 2015 par Parallèles Potentiels

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Commençons par mon article paru en avril 2015 dans Où ? On enchaîne ensuite sur le fond.

« C’est moche mais ça marche » dirent des habitants de la vallée des Belleville, la plus grande des 3 Vallées, quand les Menuires, déclinaison du « Plan neige » et de la Mission Racine, apparurent à partir de l’hiver 1964-65.
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50 ans après (gâteau d’anniversaire de banquet au Club sportif des Menuires dûment ingéré faisant foi), ce fut un anniversaire, placé sous le signe de Mondrian, projeté en mapping nocturne tant qu’a faire :
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Eh bien quoi entretemps, qu’est ce qui aurait changé aux portes de la perception ?

Cette émanation d’un nouveau modèle de tourisme de masse, impulsé dans les années soixante, apparu au début des années soixante-dix (comme La Grande Motte), aurait arrondi ses angles, se serait diversifiée, gommant sur le fil du temps 2 barres trop usées, vers 2004.

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Fact, just facts : Son paquebot historique de 1972 (640 co-propriétaires, 6000 € le m2), le « Brelin », a reçu le label Patrimoine  » Architecture du XX siècle » en 2012…
Précisons que ce Label, qui n’est pas un classement, a été créé en 2010 par le MinCulture et les DRAC afin de valoriser ces étranges bâtis geometrisants monumentaux, si critiqués et dénigrés. Qui ont fait date, après avoir semblé historiquement datés, sont entrés dans l’Histoire du regard, qu’on le veuille ou non. D’Auguste Perret au Havre au Corbusier, en passant par d’autres architectes bien moins connus, comme Jean Balladur, honoré de ce label pour sa Grande Pyramide à La Grande Motte.
Que vous retrouvez dans d’autres billets sur mes Parallèles Potentiels.
NB : Et à l’automne 2015 à Paris, dans notre exposition dédiée à 3 entités urbaines, 3 utopies réalisées :
Brasília, Chandigarh, La Grande Motte

Label Patrimoine du XXe siècle
Le ministère de la Culture et de la Communication a créé en 1999 le label Patrimoine du XXe siècle en vue d’identifier et de signaler les édifices et ensembles urbains qui, parmi les réalisations de ce siècle, sont autant de témoins matériels de l’évolution architecturale, technique, économique, sociale, politique et culturelle de notre société.
Sans incidence juridique sur les édifices ou ensembles urbains concernés, l’attribution du label Patrimoine du XXe siècle s’applique à tout immeuble ou territoire représentatif des créations du XXe siècle, déjà protégé au titre de la législation sur les monuments historiques ou par une zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager, ainsi qu’à tout immeuble ou territoire non protégé retenu par les commissions régionales du patrimoine et des sites.
À ce jour, près de 2300 édifices ou ensembles urbains ont reçu ce label dont un tiers non protégés au titre de la loi de 1913 relative aux monuments historiques.

Mesures de signalement

un logotype Patrimoine du XXe siècle est figuré sur une plaque portant le nom de l’édifice, ses dates de construction, l’identité et la qualité du maître d’œuvre ainsi que la mention : ministère de la culture et de la communication.

Diffusion

De nombreuses actions de sensibilisation et de diffusion ont été conduites par le ministère de la Culture et de la Communication et plus particulièrement les directions régionales des affaires culturelles, telles que des expositions, des publications ou encore des émissions. Le réseau des Conseils d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE), ainsi que celui des Villes et Pays d’art et d’histoire (VPAH) concourent également à la promotion des édifices labellisés.
Retour vers le rétro-futuriste Immeuble le Brelin : J’aime en seconde vue, après la surprise de la première vision
(love & hate @first sight), sa démesure menuiresque, horizontale, étale, marée linéaire blanche, cubes et rectangles empilés : comme une ondée de Lego démontable s’avance à flanc montagneux…
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Back to Les Menuires
Elles ne manquent pas de ce charme paradoxal d’un fonctionnalisme austère, de commodités fonctionnelles vantées, résidence ski au pied comme partout ici, nous précise t’on.
Avant tout, surtout, Porte d’entrée du plus grand domaine européen, les 3 Vallées. Plus familiale que la sportive Val Thorens, au budget plus abordable que la so chic and maybe bling Courchevel, et valant bien Meribel.
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Programme de réhabilitation mis en place par la Vallée des Belleville en 2003
L’ORIL (opération de réhabilitation de l’immobilier de Loisirs lancée par la station de Saint Martin de Belleville en 2003) est destinée prioritairement aux résidences construites au cours des années 70 à 90, et incite les propriétaires à rénover en leur proposant conseils et aides financières. Une double participation de la commune et de la société de remontées mécaniques permet de financer une partie des travaux de rénovation, sous réserve d’une mise en location par les propriétaires auprès d’un professionnel pendant une durée de 9 ans.
Cette transformation globale aboutit à une valorisation de son patrimoine pour le propriétaire, et permet à la station de répondre aux souhaits de la clientèle en termes de qualité, confort et esthétique…
A ce jour, 350 meublés ont été rénovés dans le cadre de l’ORIL sur la Vallée des Belleville dont 220 aux Menuires et à Saint Martin.

Aujourd’hui, c’est un peu comme çi le préjugé du passé sur ce type de cité devenait parfois dépassé. En tout cas tempéré par un regard se renouvelant aussi sur les cités de béton créatives, les utopies bizarres avec une once d’art dans la barre des rectangles.
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La troisième phase de construction de la station s’est aussi repositionnée vers la vieille pierre qualitative, l’ardoise, le pin, dans des chalets très Csp+ comme il fallait, au début du XXI siècle. Vers ce qui plait, précise t’on.
À suivre…
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Comme ce stalactite réseaute sur un balcon-terrasse du Kaya ***, hôtel chalet à dimension humaine, qu’on s’approprie très bien…

Bonus
Quelques éclairages extraits d’un historique livre sur les stations d’hiver
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Oui, on y enchaîne sur les Arcs, autre archi-station alpine remarquable. Où l’architecte décoratrice Charlotte Perriand fut active.

Elle avait d’ailleurs présenté, avec Jean Prouvé, en 1962 lors de la consultation publique, un projet pour Les Menuires. Sans voitures, avec accès direct en téléphérique à partir de saint Martin de Belleville. Il fut rejeté en short list finale au profit de l’architecte retenu : Philippe Douillet. Jugé un peu trop novateur, le projet de Charlotte Perriand ?

Pour finir, une rénovation emblématique dans un style très Corbusier, Perriand :
Le Refuge
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(Bien comme nos magazines de déco les aiment):

Aravis 520 : L’appartement est situé dans la station de sports d’hiver des Menuires. Il est intégré en extrémité de l’immeuble central construit en 1964 et dispose d’une triple orientation inexploitée par l’organisation originelle très cloisonnée. La demande visait l’impossible : augmenter la surface d’une pièce à vivre sans toucher aux éléments porteurs, proposer 2 salles d’eau à la place de l’unique existante, conserver le nombre de couchage, 8 lits pour 55 m².
Pour maximiser l’espace réduit et contrain, nous avons décidé d’inverser la perspective : ne pas essayer de faire rentrer les meubles dans l’appartement mais plutôt l’appartement dans le meuble !
Une large courbe en bois traverse la totalité de l’appartement. Elle permet de réunir l’ensemble des fonctions, de dégager un grand espace à vivre et de l’orienter vers la vue panoramique sur les montagnes. Ce meuble paroi intègre dans son épaisseur une diversité d’usages du quotidien imbriqués les uns dans les autres : des assises sont accolées à des rangements, des couchages se superposent, un coin lecture se greffe à une fenêtre intérieure, la cuisine s’addosse à une salle d’eau. C’est désormais le meuble lui-même qui fabrique l’espace.
Un système secondaire de privatisation des couchages s’organisent avec des rideaux qui s’enroulent autour du mur central existant.
Une certaine ambivalence des fonctions subsiste dans les niches qui servent autant au rangement, qu’à former échelle ou à cadrer les vues intérieures traversantes. L’aspect ludique s’organise également dans la micro-échelle de son couchage perché, il faut y grimper pour trouver sa liseuse, sa tablette, ses rangements et son nid douillet et protecteur.
L’aménagement est traité avec un seul et unique matériau bois, un contre-plaqué de bouleau lumineux pour les espaces intérieurs et noyer américain pour la paroi cintrée.

Rénovation intelligente, exemple avec l’Appartement Aravis 520 aux Menuires :
8 couchages intégrés dans seulement 55m², rien n’est impossible !
Entièrement imaginé, rénové et aménagé par une agence d’architectes spécialisés, le projet de l’appartement Aravis 520 avait pour but de marier praticité et confort dans un espace limité. Situé au pied des pistes sur La Croisette des Menuires, ce cocon peut accueillir toute une famille dans un ensemble de 3 pièces, soit une surface totale de seulement 55m2. L’astuce ? L’ensemble des meubles et rangements se fond dans le décor. A découvrir : lignes et au mobilier contemporain, vue panoramique sur les pistes, balcons sud et ouest, 2 salles de bains, 8 couchages intégrés, cuisine, pièce à vivre… le tout dans un cocon ludique et fonctionnel. Tout est conçu de manière intelligente, simple et efficace pour une semaine de vacances facile et réussie !
Plusieurs prix ont été attribués suite à cette rénovation ; Le Prix National de la Construction Bois – Mention Aménagement Intérieur 2014 et l’ArchiDesignClub Award catégorie Intérieur – Résidentiel
Programme
Réaménagement d’un appartement aux Menuires
Lieu
Aravis 520, Les Ménuires (73440)

Maîtrise d’ouvrage
Privée

Spécificité
Prix National de la Construction Bois – Mention Aménagement Intérieur 2014
ArchiDesignClub Award catégorie Intérieur – Résidentiel

Superficie 55m²

Coût
75 000 €HT

Date
Livré été 2012

Enfin, voici en 3 liens notre exposition
« 3 villes du Patrimoine moderne XX, 3 utopies concrètes »
Chandigarh, Brasilià, La Grande Motte
sur le site Concrete Hub :

http://concrete-hub.com/stephane-herbert-chandigarh-brasilia-capitales-modernite/

http://concrete-hub.com/stephane-herbert-grande-motte-12/

http://concrete-hub.com/stephane-herbert-grande-motte-22/

L’exposition est susceptible de voyager, de devenir un doc, en mettant l’accent sur ce que l’on voudra :
(controverses et averses suscitées par ces bâtis, mise en perspective historique, évolutions, témoignages etc.)

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