Frioul, Panier, Hôtel C2, Asile 404

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novembre 9, 2014 par Parallèles Potentiels

« Quand je n’ai pas le moral, me confiait une amie photographe, je saute dans un train pour Marseille, file au Vieux Port pour 25 mn de bateau jusqu’aux îles du Frioul. Puis, promenade dans la vastitude minérale de celle de gauche, délaissée car étant la plus sauvage. » On a vérifié sur pièces avec Mathias Richard en juin : La magie opère, c’est clair. On y s’y retrouve bel et bien en gravissant ses éclats de roche aux reflets minéraux, avec anciens forts militaires interdits, oiseaux vous rasant pendant la nidification, eaux bleu-vert de carte postale, fraiche baignade de début juin. Pendant la promenade, on aperçoit à gauche l’île Mer à crête de dinosaure, tout au bout du littoral Marseillais, avant les prometteuses calanques.
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Retour sur Marseille en bateau, déambulation extatique des beaux jours le long de l’eau, sur le front de mer refait, comme on dit rasé de près. Promenade le long du Fort Saint-Jean où les amoureux et copains apérotent au crépuscule. On pourra aller manger une excellente Bouillabaisse à l’institution du genre, le Miramar, à l’angle gauche du Vieux Port, chez le chef Christian Buffa, qui a repris les rênes en 20003 et ne tient pas du tout, lui, à réinventer sa cuisine comme tant d’autres. Je joue à contre-courant pour une brioche de turbot, morilles, foie gras et truffes, fort goûtue. On voit sortir un vieux grondin triple mandataire habitué de l’établissement, entouré par sa garde rapprochée et son lot de blondes assistantes ?
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Marseille, du Frioul au Panier

On peut aussi aller à droite du Vieux Port au Mathazar, le bistrot du chef Michel Portos, parti du ** Saint-James à Bordeaux après 10 ans pour reprendre un bel espace dans sa ville natale. En discutant avec lui, il se confirme qu’il incarne en effet ce courant de chefs étoilés qui se lassent de la machine d’un restaurant prestigieux quand elle devient trop lourde à porter, ou bien par ce qu’ils veulent cuisiner sans protocole. Il faut aussi savoir que les deux étoiles non-propriétaires de leur restaurant ne pouront jamais accéder au Graa de la troisième étoile Michelin.
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On dormira donc le premier soir au C2. C’est bien simple : vous êtes dans le septième, l’un des 2 plus vieux quartiers, à 10 minutes de l’autre plus ancien, celui du Panier, où l’on se promène d’abord. Dans ses ruelles, dont la Montée des Accoules, j’ai toujours des réminiscences de celles de Lisbonne ma belle, l’impression superposée de gravir l’une des 7 collines… Par là, vous voila vite à l’église de la Vieille Charité, qui expose « Visions Huichol, un art amérindien » rue du refuge, superbe lieu d’exposition. Puis au Couvent du Refuge, qui abrite toujours le CIPM, centre de Poésie, qui m’envoyait jadis ses cahiers, publication attachante et trimestrielle.

Vous y allez par le vieux Port, à droite, puis vous passez derrière la Major, cathédrale orthodoxe dans l’âme, qu’on croirait russe. Cette fois-ci, on y est ! L’escalier monumental de la Major est terminé fin juillet, reliant enfin le quartier du Panier au J4. Il va devenir incontournable. Ainsi, on accède au Mucem, à droite, relié au Fort st jean par une passerelle métallique, un muscle tendon selon l’architecte. Des gamins y plongent avec délice, bravant l’interdit d’y plonger, dans les faits de plus en plus toléré, me confirme un élégant passant en pull marine promenant son à chien. On passe devant l’aile plongeoir de la villa Méditerranée, qui vous permettrait presque de sauter en rêve avec élan vers l’Algérie, autre rive
A défaut, vous pourrez toujours vous rabattre vers les rochers plats, abrités du Mistral, de l’anse où Samira, réceptionniste du C2, organise des apéros entre amis. Ca fait 2 fois qu’on me le conseille, j’y vais donc. Génial, baignade tranquille et, le soir, les lumières du restaurant révèlent les eaux et les poissons les sillonnant. On peut aussi y pêcher des oursins au gant et à la fourchette, mais chut, c’est interdit ! Si vous n’êtes pas un toqué de flibuste piquante (à aiguille), il suffit d’en déguster lors des oursinnades de pêcheurs au port à partir de février, dans les villes aux alentours comme Carry le Rouet. Un corail d’oursins, c’est si tentant… Je repense à ce deux étoiles breton qui utilise toujours la barbe des St Jacques, ruban noir qu’on sépare en les préparant, pour en faire un bouillon à incorporer dans un jus ensuite.

De l’hôtel C2 à l’Asile 404

L ‘hôtel C2 vous dorlote
Il y a dans le septième tout un itinéraire de vielles enseignes comme resurgies du temps, laiterie, bar du Platane. Le cours Puget sur lequel donne le C2 est une artère circulante assez ingrate, dont on est dieu merci bien isolé dans ce boutique hôtel intimiste et préservé avec son escalier monumental en marbre sur 4 étages conduisant aux 20 chambres d’une blancheur épurée. En haut, les suites, à chaque étage une Junior, comme d’habitude. En tête de lit, rectangle briques rouges originelles du bâtiment industrieux XIX. Tablette fournie, cartographie stylisée de la ville sur les moquettes et fauteuil design à chaque étage. Au troisième, celui du Corbusier en version moumoutée, c’est-à-dire en peau de vache noire plus douce sous le coude que le cuir. Cet ancien hotel du XIXème est plein de majesté, c’est ce qui a subjugué ses créateurs, un couple d’architectes marseillais…Il y a un charmant petit Spa Filorga, un Bar lounge et une plage privée sur l’îlôt Degab, aux roches bla) ches accessiblesen été en bateau particdulier. A faire. Il y a aussi toute une série d’animations artistiques et musicales jazzy dans le lounge bar bien garni en vins (400 références). Le propriétaire, musicien jazz amateur, est d’ailleurs allé au festival de Veyrier où le magazine (pour lequel cet article fut écrit) voit le jour, cher lecteur… Le voici :
Marseille C2

« On tire Marseille vers le haut avec cette offre exceptionnelle », estime Delphine Clemente, directrice d’exploitation du dernier-né des 5 étoiles, le C2 Hôtel qui a ouvert ses portes sur le cours Pierre-Puget le 18 avril dernier. Loin des standards convenus, au calme d’un superbe mur végétalisé de 12 mètres vertical, 20 chambres lumineuses et calmes, un spa singulier, un bar vite devenu annexe des avocats du barreau, une plage étonnante attendent une clientèle aisée dans un hôtel particulier, bâti à la fin du 19e siècle. Ce boutique-hôtel est un hôtel de charme à taille humaine rénové par un couple d’architectes marseillais.
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Ultime « Coup de coeur » évasion de ce nouvel hôtel (réservé aux clients) l’accès à la plage C2 établie sur la mystérieuse île Degaby . Accessible avec le bateau particulier de l’établissement. Une plage privée aux roches blanches véritable petit bijou avec matelas, serviettes de plage et crèmes solaires, snacking, assiettes de fruits frais. Mais chuuut, vous le savez ceci est un secret !
Hôtel le C2 – 73 cours Pierre Puget ) – 48 rue Roux de Brignolles. Marseille Chambres de 169 à 429 euros.

La séquence publicitaire : Situé au coeur d’un Hôtel particulier XIXème, le C2 propose 20 chambres, un Spa « Filorga », un Bar lounge et une plage privée sur l’îlet Degaby. Du marbre, à l’escalier et sa rampe de bronze, au parquet tout a été gardé !
Les chambres, dont deux prestiges, toutes différentes élégantes et simples, avec les briques originelles du bâtiment en guise de tête du lit.
« Clin d’œil » aux grands architectes de ce monde : à chaque palier, son fauteuil d’artiste en guise d’assise accueillante pour les hôtes. Le Corbusier, Marcel Breuer, Franck Lloyd Wright, Charles Rennie Mackintosh donnent ainsi le « la » des différents niveaux.
L’art, en véritable fil rouge : chaque mois des expositions de peinture, photographies, performances de sons & lumières, sculptures seront accueillis dans cet hôtel aux milles charmes. Mais aussi concerts et dj set organisés les soirs de semaine et les weekends… à suivre !
Coté détente, un bar lounge à la décoration contemporaine doté d’une cheminée magistrale et une grande terrasse. Il est vrai qu’on se demande tout de suite « où est le restaurant ? »… Il n’y en a pas, mais la carte est élaborée pour le petit-déjeuner, avec également une sélection de finger food et bien sur brunch du dimanche !

Le Spa Filorga dispose d’une choupinette piscine intérieure creusée entre les murs, toute en longueur avec ses mosaïques vertes. Cabines de soins, hammam, sale de repos… tout y est.
Pour finir, le must de ce nouvel hôtel est l’accès estival à la plage C2 établie sur la mystérieuse île Degaby (à quelques encablures des côtes Marseillaises). Accessible depuis le Vieux-Port via le bateau particulier de l’établissement, cette plage privée aux roches blanches est un petit bijou : matelas, serviettes de plage et crèmes solaires, snacking, assiettes de fruits frais, limonade et jus de fruits tout est là, il ne manque plus que nous l’été prochain…

135 rue d’Aubagne

Le second soir, changement d’ambiance sans transition, comme on les aime, ce qui fait bien marrer l’ami Mathias Richard, poète et performeur à ses heures (de pus en plus nombreuses), qui me dit : « Ah, tu passes du luxe à un gourbi ! » Oui, mais le gourbi a du bon, come son locataire émérite. Je dors dans le sixième, au 135 rue d’Aubagne, au-dessus de « L’Asile 404« . Cet espace de création, exposition, cabaret endiablant, mini morgue de tissu urbain délabré, bien vivante, laboratoire sémillant des créateurs discursifs et théâtraux du cru est tenu par Olivier (ami de Mathias, qui me l’a présenté) fort sympa, qui organise des soirées alternatives du tonnerre sans dieu autre que celui du lieu.

On est et renaît ici en plein foisonnement d’une mini-scène créative marseillaise ( me raconte Mathias à ma demande pour me la présenter) totalement méconnue par les touristes et le tout venant autochtone. C’est comme ça que c’est bien, découverte juteuse. Nous sommes à deux pas du très connu Cours Julien. On assiste ce soir-là à une lecture performée d’un ouf de nos connaissances. Une de ces lectures que je ne me donne pas la peine de faire, le regrettant vaguement, tout en me donnant bonne conscience de ne pas au prétexte que je ne suis pas sûr de vouloir m’exhiber à ce point. Mmmmeuh, mes réserves sont suspectes, mes suspects réservés, come mes remords, tripes et regrets de pré-fossilisé fertile.

Olivier s’avère adorable, je dors au dessus de l’Asile 404 dans la chambre de son fils absent. Il est tellement adorable qu’il laisse des portées de chat l’envahir, ce qui prouve bien qu’il est moins égoïste et égotiste que la moyenne de nos contemporains nombrilesques et qu’une partitie de ceux gravitant autour de lui, peut-être, et qu’il produit en son cabaret existentiel trashy, de première bourre. J’aime tous ls gens de sa bande informelle avec lesquels j’ai passé un soir, le quartier de la rue d’Aubagne qui l’entoure, le restaurant gargotte cap verdien et tout ce que je n’ai pas eu le temps de connaître : une nuit, ça fait court-circuiter le temps quand il est fructueux, ce qui fut le cas, mais c’est peu pour juger de toutes pièces. Je retiens le frôlement des chats le long de mes jambes le lendemain matin.
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La veille au soir, une de ces ambiances jubilatoires (un rien éthilisée, bien sûr) de jeune public avide de lectures. En prime, ici, en cette Erreur404 faite Asile, un sens du livre et de l’ivre lyrique new gen, un culte de l’écrit s’interprétant sous de nouvelles formes, des performances foutraques à tric et troc. Comme l’ami parisien Thierry Théolier, qui en organisa dans plein d’endroits (De la Gare aux Gorilles de la Villette au glauque et pétillant Zorba Café à Belleville, etc.) les aime bien, déplorant leur raréfaction à Hype City Capitale

3 expos OFFICIELLES de l’automne.

• Andy Wharol, Times Capsules au MAC du 5/12/2014 au 12/04/2015
• Visions Huichol, un art amérindien à la Vieille Charité du 12/09/2014 au 11/01/2015
• Food au MuCEM, du 21/10/2014 au 23/02/2015

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