Dans le fourre tout du monde

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septembre 27, 2014 par Parallèles Potentiels

Malgré moi je fais partie du lot
des passifs
regardant passer les pouvoirs
se pavanant
en me cachant derrière mes médias immédiats
en me cachant du réel
comme un Kafkard…
de peur d’être écrasé
comme un Kafkard.

Un auto-proclamé Etat Islamique, sorte d’entité transintégriste ? Redoutablement logique : Les Etats-Unis continuent à générer des réactions métaboliques en chaîne à leur répugnante domination neocolonialiste multiformat. Comme leurs barbouzes, comme leur CIA, Etat dans l’Etat, l’hydre qu’ils ont généré, qui les maudit, repoussera toujours, se nourrissant de vente de pétrole clandestin et soutien saoudien, qatari schizophrène… Les Ben Laden du futur seront moins voyants, plus indirects, je suppose. Tout cela est beaucoup plus complexe que mes approximations.
Mais au passage, spéciale Dedicace d’allégeance atlantiste servile à l’ex-président français (jouant les sauveurs en toc pour les besoins de son analyste) : il a rattaché/inféodé durant son mandat (2007 à 2012) la France à la laisse de l’Otan, nous en rendant dépendants.
Passe encore qu’on se prenne des bombes potentielles d’illuminés isolés et résolus à venir à cause de notre servilité de ralliés à l’Otan. Passe encore que cela me dépasse totalement, comme toute chose que les médias me donnent à voir la bouche ouverte en spectateur du monde. Venons-en à l’essentiel (du futile utile) sans plus tarder :
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2 symptômes post 11 septembre qui indisposent le plus ma vie de particule élémentaire tracée :
1) L’impossibilité de laisser ses bagages dans des consignes (gares, aéroports…). Sauf quelques exceptions (consignes privées dans les pays du Sud où le besoin de trésorerie semble plus fort que le diktat sécuritaire…
2) Les contrôles de voyageurs aux aéroports, priés d’enlever depuis 2001 leur ceinture, chaussures, d’accepter tout de l’ineptie contrôleuse,
de jeter, puis devoir racheter des bouteilles d’eau et autres après le damné contrôle : une touche de tartufferie mercantile en plus ne peut pas faire de mal au commerce aéroportuaire, je présume.
Et puis, tant qu’on y est (dans le fourre tout), que faire des castes corporatistes qui ne comprennent pas que le passé n’est pas l’avenir : Pilotes anciens s’accrochant à leur ceinture d’avantages, quand les nouveaux sont recrutés sous le régime libéral du jour sans libre arbitre, contrôleurs aériens et autres maîtres chanteurs récurrents des vacances…
wpid-img_20140817_134146.jpg
Mais comme rien ne lave blanc, je ne sais que faire de ma propre prétention à une vérité qui me dépasse, qui désagrège mes sots semblants de certitudes. Je sais que je ne sais rien. Mais je sais que j’en ai assez des USA et que j’ai entendu ce matin le mot Poutine dans une publicité radio pour crème anti ride de beauté. Là, j’ai du me tromper… Pourtant, je le vois bien faire une publicité pour Gillette.
Lui, homme fort russorusse à fines lèvres d’assassin bureaucratique
d’antan customisé pour l’aujourd’hui
(il paraît qu’il parle tant de derrière ses lèvres qu’il est malaisé de comprendre ce qu’il dit)

Et tant qu’à jouer les fourre-tous de maux hétérocites,
faisons-nous un peu de bien :
Que faire de la préférence à l’actionnaire majoritaire s’autocongratulant
De ses bénéfices volés au futur du monde ?

Que faire des des illusions volontaristes, optimistes de posture à court terme
d’une espèce dont on sait bien qu’elle s’autodétruira
rendant l’appellation
Développement durable
encore plus obscène que celle de
Redresement productif ?

Je ne sais trop
Malgré moi je fais partie du lot
des passifs
regardant passer les pouvoirs
se pavanant
en me cachant derrière mes médias immédiats
en me cachant du réel
comme un Kafkard…
de peur d’être écrasé
comme un Kafkard.

Voici un constat beaucoup plus intéressant que mes gloses sur la situation, paru dans Libération sous forme d’une tribune, mercredi 24/9/14. Celle d’
Alain BAUER Professeur de criminologie au Conservatoire national des Arts et métiers (Cnam, Paris), à New York et à Pékin.

TRIBUNE
La revanche des colonisés

Les Etats et les Nations ne font pas toujours bon ménage. Depuis toujours, les grands empires ont dominé l’histoire du monde. Intégrant de force des nations, des cultures et des religions parfois opposées, leurs frontières ont composé une cartographie éphémère mais souvent violente, dont on pensait qu’elle s’était stabilisée à Yalta avant de s’effondrer après la chute du chah en 1979 puis celle du mur de Berlin dix ans plus tard.

La décolonisation militaire des années 60 n’a que rarement permis une indépendance économique. Si l’Empire austro-hongrois semble définitivement réduit à une nostalgie post-Sissi impératrice, tous les autres ressurgissent et viennent affronter les cartographies officielles : Empire ottoman, Empire chinois, Empire russe, Empire perse se rappellent plus ou moins brutalement à nos bons et à nos mauvais souvenirs.

Les fabricants occidentaux du monde d’après la Seconde Guerre mondiale se trouvent confrontés à la revanche de leurs colonisés et de leurs colonies.

Partout où l’Empire britannique s’est retiré, plutôt mal gré, les mines laissées en héritage explosent à cadence accélérée : Palestine, Inde, Pakistan, Afghanistan, Irak. Là où le colonisateur français a tenté une évolution parfois moins abrupte, la situation reste très instable : République centrafricaine, Mali, Liban. Quand le «Nation Builder» américain a mis sa patte, il paie très cher les conséquences de ses naïvetés et de son usage immodéré du copié-collé démocratique en prêt-à-porter : Irak, Afghanistan, mais aussi Mexique et Amérique centrale, plus récemment Argentine ne se portent pas bien.

Les Occidentaux, sur le principe établi en 1945, lors du pacte américano-saoudien signé entre le roi Ibn Seoud et le président Roosevelt, sur le croiseur Quincy, profitant des «révolutions arabes» pour régler leurs comptes, ont systématiquement joué le mauvais cheval en se débarrassant de dictateurs antipathiques mais plutôt flexibles en Libye et en Egypte, et en tentant de composer avec des opérateurs politiques proches des Frères musulmans dont ils feignaient de croire qu’il s’agissait d’une version arabe de la démocratie chrétienne.

La Libye est en plein chaos, l’Irak en perdition, l’Afghanistan en désarroi (pour ne pas dire plus), le Pakistan (puissance nucléaire) reste un ennemi réel tardivement découvert par leur protecteur américain, les jihadistes de toutes obédiences sont en pleine expansion, soutenus directement ou indirectement par l’inquiétude sunnite face à la résurrection de l’Iran chiite sur le terrain diplomatique et stratégique.

Le crime organisé transnational et hybride se développe par tous les interstices laissés béants par les protecteurs du monde onusien.

Comme l’ex-Yougoslavie de Tito, savamment maintenue au congélateur par les efforts conjugués des protagonistes d’après 1945, le glacis mondial fond de manière accélérée. Le réchauffement provoque le retour au premier plan des anciennes tribus qui réclament justice, terres, pouvoir. Déjà, Iran perse et Turquie ottomane retrouvent leur statut. La Russie reconquiert son espace orthodoxe. La Syrie alaouite semble avoir gagné les conditions de sa survie au prix fort, le Kurdistan s’achemine vers une indépendance inéluctable.

Nul ne sait encore ce qui viendra troubler les nouvelles mappemondes (Ecosse, Catalogne…) tant les poussées des peuples vers la construction de Nations-Etat semblent impérieuses.

Jusqu’à présent on a très souvent cru les analyses simplistes qui dépeignaient nos adversaires ou nos ennemis comme les Occidentaux le voulaient plutôt que de reconnaître ce qu’ils étaient véritablement. Nous avons souvent créé un ennemi de confort, qui convenait à notre culture. On l’a sous-estimé, ignoré, ou on a inventé des fables (loup solitaire) pour éviter de comprendre ce qu’était la complexité dynamique des opérateurs hybrides (mi-criminels, mi-terroristes) sur le terrain.

Depuis la guerre civile algérienne, la définition de l’adversaire, de l’ennemi, ne va plus de soi. Le terrorisme a changé de nature, les modèles ont évolué, et si la détection et la collecte du renseignement restent d’un niveau très élevé, l’analyse pêche considérablement, tant la prise en compte de l’Orient compliqué semble éloignée de l’Occident tweetérisé.

On a trop souvent cédé à la facilité, et très rarement su résister aux manipulations sophistiquées des services algériens, saoudiens, turcs, jordaniens ou pakistanais, qui surclassent très largement leurs homologues occidentaux en la matière.

L’Etat islamique (EI) semble avoir pris comme modèle une synthèse entre le Hezbollah, le Baas et le parti bolchevik. Organisation véritable et pyramidale, faisant régner la terreur en interne et en externe, rassemblant des brigades aguerries (Libyens, Tchétchènes, Occidentaux…), la structure est surtout connue pour sa brutalité, notamment contre ses ennemis les plus proches, les militants restés fidèles au dernier carré de dirigeants de ce qui reste d’Al-Qaeda, nébuleuse qui a émis son chant du cygne il y a déjà plusieurs années.

En fait, l’Etat islamique (EI) semble avoir réussi une parfaite OPA hostile sur ce qui en reste en Irak comme en Syrie, tout en attirant des jihadistes de plus en plus jeunes et venus du monde entier. Si certains, pas les mieux considérés, même à l’intérieur de «l’Etat islamique», sont parfois remerciés et tentent de montrer leur «valeur» en commettant des attentats, l’Etat islamique (EI), groupe combattant et barbare, n’est pas encore une organisation terroriste au sens courant du terme.

La guerre de Syrie de l’Etat islamique (EI) est perdue, et les Assad sont en train de redevenir nos meilleurs alliés. Comme le disent souvent les Israéliens : «Mieux vaut le diable qu’on connaît bien».

La guerre d’Irak ne fait que recommencer. Après le désastre politique afghan, les Etats-Unis cheminent vers leur prochaine défaite coloniale. Et paradoxalement, pourraient se trouver aussi en situation d’alliance de fait avec l’Iran pour protéger le régime chiite irakien, comme cela semble s’être produit pour la bataille d’Amerli. En attendant une aussi stupéfiante coordination entre Syriens et Israéliens pour reprendre Kuneitra.

Le monde que nous avions laissé au congélateur en 1945 a commencé à disparaître en 1979 avec l’avènement de Khomeiny, l’attaque de La Mecque, la première guerre d’Afghanistan. En 1989, c’est l’Europe qui a redécouvert la géographie. Depuis, le processus de déconstruction des Etats se poursuit. Sur le terrain diplomatique comme sur celui de l’économie. Le crime organisé et les radicaux de tous bords ont largement élargi leur terrain de jeu. Avec des Etats échoués ou faillis, des risques en expansion, des ennemis dont il devient difficile de percevoir la véritable nature, le temps du retour à la realpolitik semble s’imposer.

Répondant à la question de savoir qui de l’Irak ou de l’Iran devrait l’emporter durant leur conflit (1980-1988) dans l’intérêt des Etats-Unis, on dit que Henry Kissinger aurait répondu : «Dans l’intérêt des Etats-Unis, il faudrait que les deux perdent.» A ce jour, seuls les Etats-Unis n’ont pas retrouvé leurs mises.

On comprend déjà mieux, non ?
Allez, finissons par clin d’Oeil à une actu du même mois, vaudevillesque en diable, sur l’incurie des services secrets de service :
SUR LE MÊME SUJET
Jihadistes manqués à l’aéroport : les raisons d’un cafouillage…

Nb : Copyright Photo de Une : Didier Dlu, guide de trekking réunionnais dont je n’avais pas crédité cette image, qui n’a rien à voir avec le sujet traité :
J’aime sa forte abstraction symbolique. La revoici…Rouge Didier Glu trek

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