Venise ou l’illusion des lumières

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juillet 16, 2014 par Parallèles Potentiels

Venise, Palazzo Grassi, Pointe de la Douane

Une collection, 3 expositions

Allez, en mode conte de fées marchand : Il était une fois des plus grands collectionneurs d’art contemporain. Ayant confié les rênes de son groupe à son aîné en 2003, il décida de partager sa passion. Après une tentative infructueuse à Paris (sur l’île Seguin) qui défraya bien sûr la chronique (Ah, les délais, les impasses des Français !), il choisit Venise et le Palais Grassi en 2005. Il y a pire. En fit un écrin pour sa collection à travers expositions successives. Jusqu’au 31 décembre, L’illusion des lumières présente une quarantaine d’œuvres de vingt artistes, des années soixante à aujourd’hui. Autant de déclinaisons lumineuses, allant de l’illumination, à l’éblouissement, en passant par le Printemps Arabe ou d’autres thèmes de sociétés diversement illuminants… Toutes les oeuvres ne parlent pas d’elles-même, loin s’en faut. il faut, comme si souvent avec l’art contemporain, accepter l’indigeste prose discursive à lire sur les cartels les accompagnant. On se demande parfois d’où au juste parlent et à qui d’autres que des initiés ces initiés s’adressent, en un circuit un tantinet fermé, qui n’est pas sans me faire penser aux « Précieuses  » De Molière. Pas forcément ridicules, mais bien sûres d’elles et de la validité de leur production d contenus culturels. il en va ainsi des temples institutionnels de l’art sacralisé… Celui-ci est magnifique, donc qu’importe le calice et le reliquat de perplexité du regardant « face à l’oeuvre » : il fait partie de l’appréhension de l’oeuvre, me rétorquera t-on.
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Le parcours se trouve dans l’atrium et le premier étage. Il comporte essentiellement des pièces jamais montrées et plusieurs œuvres réalisées in situ. La lumière y devient matière en soi, redéfinit l’espace et le temps, abolit les repères perceptifs du visiteur, entre nature et artifice, plein et vide, instant et durée.
Julio Le Parc, l’un des principaux protagonistes de l’art optique depuis les années 60, redécouvert depuis deux ans à Paris, joue ainsi de potentialités hypnotiques et cinétiques de la lumière de façon ludique, abordable au commun. Enfin c’est une fascination teinté de délices esthétisants effarés (comme les pilotes d’un avion militaire qui trouvèrent le champignon atomique « beautyful » et  » awful ») qu’exerce le film de 30 minutes de Bruce Conner : réalisé à partir d’images du gouvernement américain sur le premier essai atomique de 1946, dans l’atoll de Bikini. Un point de vue sombre et engagé sur notre monde si clair obscur et… détonnant.
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Montons changer d’air au deuxième étage pour la rétrospective consacrée au maître Irving Penn (1917-2009). En 1938, il débute sa carrière professionnelle à New York comme graphiste, part ensuite peindre au Mexique pendant un an, rentrer à New York. Commence à travailler (toute sa vie) pour Vogue, dont le directeur artistique l’encourage à passer à la couleur. 130 photographies illustrent ses grands thèmes : natures mortes, portraits de petits métiers en voie de disparition, que l’artiste avait à cœur de saisir. Et personnalités : entre autres Pablo Picasso, Truman Capote, Marcel Duchamp, Marlene Dietrich. Elles côtoient des clichés des habitants de la République du Dahomey (années 1960), des aborigènes de Nouvelle-Guinée et des hommes du Maroc (années 1960 et 1970). Au delà de la diversité des sujets, ces images veulent saisissent l’éphémère sous toutes ses facettes : c’était le dada de l’artiste.
Mon article (paru à l’été 2014) est ici :
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Punta della Dogana (Pointe de la Douane)

Sortons marcher 20 minutes le long du Grand Canal, qu’on traverse en vaporetto vers le second lieu du plus grand collectionneur français : C’est en juin 2007 que François Pinault fut choisi par Venise pour transformer les anciens entrepôts de la Douane de mer, Punta della Dogana, en superbe centre d’art contemporain. Inauguré en 2009, parfaitement triangulaire, d’où son nom de « pointe ». Il est à l’extrémité du quartier de Dorsoduro et sépare le Grand Canal de celui de la Giudecca.
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On y présente, outre l’exposition Prima Materia, une installation de l’Américain Wade Guyton dans le « Cube », espace central de l’édifice. C’est le second artiste choisi.
En 2013, c’était le Chinois Zeng Fanzhi, dont on retraçait la carrière à Pékin ce printemps (dans Où N°19). Le monde de l’art est petit et Venise pleine de charmes, malgré les encombrants paquebots y ayant encore droit de cité…

L’illusion des lumières www.palazzograssi.it – Jusqu’au 31 décembre

Copyright Photos Palais Grassi, Fondation François Pinault

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