Barbossi : mystères et pots (JP Raynaud)

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mai 21, 2014 par Parallèles Potentiels

Souvenez-vous : sur le parvis de Beaubourg à Paris, trôna jusqu’en 2009 un pot de 3,50 mètres doré à la feuille d’or sur un socle blanc géant. A Barbossi,près de Mandelieu, au sein du mystérieux domaine de 1400 hectares (plus que Monaco en superficie) acheté par Mister Safra, Jean-Pierre Raynaud, l’homme aux pots, dont celui de Beaubourg a travaillé avec 4 blocs de marbres aux veines gris bleu, rouge vif, orange, ocre. Ceux de la carrière des « Marbres de France » dans l’Hérault.
Les codes couleurs des marbres sont doré, perle de nacre, rouge de Saint-Pons, fleur de pêcher. Devinez à qui appartient la marbrerie ? Au même propriétaire que le golf. Chacun des 4 pots, transportés ici par camion, pèse 3 tonnes. Ils forment une série du plus bel effet sur un socle jaune, l’artiste étant plutôt coutumier pour cela du blanc. Tiqua un peu lors de linstallation, mais céda…
Jean-Pierre Raynaud y apposa sa plaque en présence d’un groupe de journalistes, parmi des lavandes fraîchement plantées. Les pots recueilleront-ils un jour de l’eau de pluie ? Non, car ils sont fermés. Mais quelques balles facétieusement arrivées jusque là, pourquoi pas ? Car un peu au-dessus de cette série, le trou n° 11 situé sur une hauteur, permet des drives spectaculaires de 210 mètres pour les moins bons, 230 pour les bons… et 300 mètres niveau champion ! Près de là, plus facile, le n° 9 offre une vue, voire une visée potentielle de l’oeuvre, digne d’un bien mauvais scénario. Mais il est probable que, comme son très flegmatique auteur, l’oeuvre ainsi visée ou atteinte resterait de marbre. Et pour longtemps. qu’on en juge :
Jean Pierre RAYNAUD 4 pots en marbre collection Domaine de Barbossi

En 1993, Raynaud avait détruit sa maison-oeuvre-laboratoire en céramique blanche de Garches, dans laquelle il s’était enfermé pendant… 23 ans ! Il considère cette performance
comme le grand oeuvre de sa vie. Puis il en exposa (au musée d’Art contemporain de Bordeaux) les gravats, telles des reliques, dans des poubelles métalliques de blocs opératoires. Un film et un livre sortirent bien sûr !
Jean Pierre RAYNAUD 4 pots en marbre collection Domaine de Barbossi
Venu de l’horticulture, il a vite délaissé les fleurs pour développer un travail autour de l’objet. Le pot de fleur et le carreau de céramique sont les marques de fabrique identitaire de ce célébrissime adepte des séries (depuis les années soixante). Il me confirme que « 900 à 1000 de ses pots, en résine ou en métal, sont en circulation dans le monde, dont 300 dans un musée allemand,300 autres dans un coréen, le reste chez des collectionneurs». Souvenez-vous : sur le parvis de Beaubourg à Paris, trôna en mystérieuse divinité (jusqu’en 2009) un pot de 3,50 mètres de haut, doré à la feuille d’or, sur un socle blanc géant.
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Ici, l’art est contemporain et à ciel ouvert, avec une exposition
permanente de sculptures, par exemple les boucles et rubans elliptiques d’un métal rouille d’un membre de l’école de Nice, Jean-Claude Fahri. Dans l’entrée sous verrière du golf, un bois de 1908 taillé par Léon Borgey, sculpteur « qui reprochait à son contemporain Zadkine de lui avoir volé sa reconnaissance potentielle ! » rapporte en souriant Claude Délias, conservateur de la Collection Safa. L’ambition du Riviera Golf de devenir un musée à ciel ouvert persévèra avec l’inauguration (en juin 2012) de la plus prestigieuse et monumentale installation : 4 pots géants, dot voici l’un, flanqué de son créateur…
Raynaud devant pot

Et voici mon article, paru dans Où ? en été 2012…
ou14_Barbossi

Renseignements
www.jeanpierreraynaud.com
www.ddeb.fr
www.rivieragolf-ddeb.fr
http://www.ermitage-du-riou.fr
Photos
© Domaine de Barbossi,
Jean-Pierre Raynaud, C. Riedel
OEuvre de Jean-Pierre Raynaud, 2012
Riviera Golf de Barbossi, l’Esterel en fond

Et puis quelques goodies… Arbres du golf, bagnat du Nain jaune (le country club)
arbres Barbossi

Bagnat club house
Il y a un haras, un club d’équitation, un poney club, un vignoble de bientôt 10 hectares produisant des vins typés, une chapelle richement décorée comportant des pièces rarissimes.
Notamment un grand ivoire sculpté indo-portugais du XVIe siècle et un visage christique de Rodin. Jean Siccardi y situe d’ailleurs, comme en d’autres lieux du parcours de golf, une partie de son roman (Salvatore s’y laisse conduire par sa bien-aimée, Constance). Il y a aussi un cabanon de bergers et une mystérieuse grange datant de 1750. à peine moins mystérieuse que le musée privé du magnat. Il abrite quelques unes des 650 oeuvres de la récente Collection Safa (une des plus importantes au monde). On y côtoie entre autres en peintures un Miro, un Degas, une vue de Saint-Tropez de 1903 de Picabia première période, trois paysans d’Utrillo, un dessin de Pierre Klossovski (frère de Balthus) et un Eugène Boudin. Le tout en vis-à-vis d’un manègeéquestre…

Ah, j’oubliais, une sculpture « homme marchant » de Modigliani et, devant l’entrée, une expansion de César à jamais figée dans sa coulée… Pour une pause restaurant dite « Numéro 19 » entre deux greens, cap sur l’Arbre Jaune. Il doit son nom à un arbre peint en face, après un lac qui a dû avaler bien des couleuvres (ou plutôt des balles perdues). On y sert une délicate cuisine couleur Méditerranée. Exemple : trois boules de courgettes jaunes farcies de légumes, donc digestes, qui font penser à des balles, en plus colorées ! Colorées sont aussi les poupées géantes de la sculptrice Roselyne Conil, dont une boudinée « Madame Rosa » est assise sur un banc, non loin du trou 1. Dans le même genre, je préfère de loin Nikki de Saint Phalle, mais passons.
Ici, l’art est contemporain et à ciel ouvert, avec une exposition permanente de sculptures, par exemple les boucles et rubans elliptiques d’un métal rouille d’un membre de l’école de Nice, Jean-Claude Fahri. Dans l’entrée sous verrière du golf, un bois de 1908 taillé par Léon Borgey, sculpteur « qui reprochait à son contemporain Zadkine de lui avoir volé sa reconnaissance potentielle ! » rapporte en souriant Claude Délias, conservateur de la Collection Safa.
Les os du Golf

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