Pic du Midi, ellipse astronomique

Poster un commentaire

novembre 23, 2013 par Parallèles Potentiels

En passant une nuit au Pic du Midi de Bigorre, on glisse côté coulisses : celles de l’Observatoire tout entier à vous, celles des 200 à 300 milliards d’étoiles présumées possédant chacune leur famille de planètes. L’espace muséographique le plus haut d’Europe retrace la saga humaine des gens du pic. A commencer par celle du cofondateur, le général Nansouty. Un enfant de Bagnères-de-Bigorre (un bon porc noir y est labellisé, on en aura dans notre trilogie de viandes au repas) revenu au pays après avoir refusé de mater une insurrection à Toulouse, en 1871, pendant la Commune. Sympathique personnage Plus tard, il y aura un mécène juif italien, qu’on cachera pendant la guerre et qui léguera un télescope. Puis Bernard Lyot, un scientifique qui a laissé son nom au saint des saints, le « TBL », un télescope au diamètre de 2 mètres. wpid-IMG_20130730_114351.jpg

Vous ne vous êtes jamais fait traité d’amas globulaire de bon matin ? Moi non plus, heureusement, c’est un peu blessant. On visite le musée d’abord éclairé. Puis le soir, éteint, pour se réchauffer le temps de piqûres de rappels historiques, entre deux aller-retour vers les étoiles observées sur la froide terrasse. Beau cheminement vers les nébuleuses et amas globulaires d’étoiles qu’on voit comme on peut, selon son degré de sagacité dans l’abstraction nébuleuse, oeil rivé sur la lunette. Pour les plus audacieux, toute la nuit, une fois les cohortes de visiteurs diurnes (160 000 par an depuis l’ouverture du site en 2000) repartis en bas vers la station La Mongie Le Grand Tourmalet.

Vers 2 heures, je pique du nez, on m’invite à tenir bon : « Allez, restez regarder M81, la nébuleuse de Bode, et M82, la galaxie irrégulière du Cigare », me disent Philippe et l’amateur éclairé. Qui lui, tiendra bon jusqu’à 4 heures. Vaguement piteux de ne pas veiller plus tard, je regagne ma single, la 14, avec douche sur le palier, galaxies spirales, lenticulaires, elliptiques et irrégulières au grenier. Et m’endors sur ce pic de rêve comme oreiller, sans une pensée pour ces 110 objets dont « l’étude est encore une source de découvertes sur le cycle de vie des étoiles et la réalité des galaxies qualifiées d’univers îles indépendants. » Les 110 objets de Messier. Me laissent rêveur, voire songe-creux d’infini. Les amateurs se font fort de les observer en une nuit !

Ils ont été repris dans l’actuel catalogue du savant Dreyer, faisant foi, le NGC. Qui en dénombre 7840… On se dit que le cosmos est profus comme Internet, mais en plus vaste…

MESSIERS

C’était quand déjà, la dernière éclipse totale visible de chez nous ? Le 11 août 1999, il faisait gris, pas grand chose à voir sinon un assombrissement, une sensation de silence froid impressionnante, les oiseaux s’étant tus une heure plus tôt. Quatorze ans plus tard, en arrivant à Pau à bord d’un Canadair C1000 un peu bas de plafond, on a vu un lâcher de parachutistes en ligne sur fond bleu ciel immaculé. Première cerise de hasard sur le gâteau du paysage, première gourmandise du regard. On a pris la route vers les Hautes-Pyrénées avec la griserie de l’aventure nocturne à venir, à 2877 mètres d’altitude.wpid-IMG_20130729_212616.jpg

Sur ce pic du Midi de Bigorre où 600 m2 de terrasses aménagées autour de l’Observatoire et de ses coupoles blanches dignes d’une science-fiction polaire (un peu Post Barjavel, René, l’écrivain) offrent une vue à 360°. D’un côté sur la chaîne des Pyrénées encore un peu enneigées en cette fin juillet : c’est la vue qu’on a le soir et au lever du soleil de sa chambre blanche d’une rigueur toute scientifique, les lits ont été surélevés pour cela. Mon article ici : Ou17_PicMidi_Page_1 Ou17_PicMidi_Page_2

Après l’aube et le petit déjeuner, on accède à la partie réservée à la recherche de l’observatoire, on partage la vie des scientifiques, on fait le point sur le projet de Réserve internationale de ciel étoilé (RICE) contre la pollution lumineuse du pic, porté ici par un jeune chercheur. On observe grâce au coronographe la couronne et les taches solaires après avoir regardé un film de 1956 commentant du Soleil les éruptions de lyrique façon… Auréolé par tant de découvertes, on repart du pic vers d’autres héros, ceux du mythique col du Tourmalet, qu’on avait longé l’hiver dernier en hors-pistes, quel bonheur ! Mais cet été, c’est trop dangereux pour y aller à pied, dommage ! En redescendant, on passe par Bagnères à l’arrivée de l’étape, comme les coureurs du Tour de France le long de l’Adour, devant l’ancien Centre de formation cycliste ouvert par Laurent Fignon, disparu en 2010. La bâtisse, semblable à une colonie déchue, était mélancolie, d’une déshérence fantomatique depuis sa mort, j’étais passé devant en taxi début février, lors de ma première tentative pour monter au Pic, annulée last minute pour cause de neige et vents surabondants…

Mais il vient d’être repris par un couple en hôtel-restaurant quatre étoiles, me confirme Anne Cabanne, de Hautes-Pyrénées Tourisme Environnement. Elle n’est par ailleurs pas peu fière d’annoncer qu’au moins deux jours du Tour de France 2014 se dérouleront dans son département. Mais ici, dès septembre, les gens du pic scruteront le panache de la comète Ison, venue de 1000 fois plus loin que Pluton.

1000 fois plus loin que Pluton,

et moi qui me soucie de ne pas me faire un nom…

Et pour voir la dernière éclipse totale ? Il fallait être du côté du Kenya, le 3 novembre.Cette multiple exposition permet d'observer la progression de l'éclipse solaire au-dessus du lac Oloidien près de Naivasha au Kenya, le 3 novembre 2013.le Parc Sibiloi était rempli de centaines de Kényans et de touristes venus admirer le phénomène, qui ne dure que quelques secondes.

L'eclipse solaire totale a aussi pu être contemplée au Gabon, au Congo, en Ouganda et en Éthiopie. Elle a été partielle dans d'autres pays, comme ici au Liban.Et tant pis pour les éclipses totales du moi, ce tout petit amas cellulaire même pas stellaire…

La lune cache le soleil au dessus du Parc National Sibiloi au Kenya. Le phénomène ne dure que quelques secondes.

Des femmes turkanas sont au spectacle au-dessus du Parc National Sibiloi, au Kénya. Une immense clameur s'est élevée lorsque le ciel s'est obscurci.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Enter your email to follow that flow/Pour suivre ce blog

Rejoignez 2 078 autres abonnés

%d blogueurs aiment cette page :