Forêt ou substitut artistique?

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septembre 13, 2013 par Parallèles Potentiels

2013-09-04 16.01.52Que choisir ? Cette oeuvre à entremêlement troublant, rhizome à la gloire de l’arbre reconstitué dans la clinique de l’artiste ? En l’occurrence, un Brésilien au nom d’arbre sortant du sol : Oliveira.

Il a fait un beau travail, cet olivier. Exposé dans le cadre de l’exposition « Nouvelles formes » au souvent si toc palais de Tokyo à la gloire du contemporain, obligé de tirer 20 cm de tissu générationnel d’artiste trentenaire pour les faire émerger Avant que ceux dd’après prennent le relais. C’est sa vocation.

Quelques bonnes surprises sur les années en ce lieu mais ces nouvelles formes sont souvent piteuses : Art sous forme de vidéos frigorifiés d’une mortelle abstraction plane détachée. La vidéo est un média plane et plat, c’est presque pire que la 3D qui donne du relief au superflu…

Revenons aux bois emmêlés de notre ami brasileiro :

2013-09-04 16.01.52Ce dut être très compliqué a monter. Ou beaucoup plus simple qu’il n’y paraît. Ne sais pas, n’étant ni faiseur artistique ni scénographe. Cela ėtant dit avec un rien de dépit ? Allez savoir…

Je suis embarrassé :
j’aime bien cette oeuvre de prime abord car elle respire, semble inspirée. On passe en-dessous avec amusement pour en suivre les ramifications.

Pour la forêt fictive.

Et je la hais aussi en ce sens que je suis las des emprunts artistiques faits à la nature par l’homme étiqueté artiste.

Pourquoi diable faudrait-il s’extasier de ce que ce monsieur sous-traite un arbre en bois de cagette en le torsadant avec un effet noueux très réussi ?

J’ai un doute nauséeux sur la volonté de représentation imitation hommage à la nature.  Fichez lui donc la paix ! Nous ne sommes pas des mages. Même les artistes nous gorgeant d’images.

047-CERFS - P DELAPIERRE

Je la choisis, la nature, plutôt que le beau travail et la démarche de cet artiste salué par la critique unanime qui finira vite en commande publique.
En un sens j’aime pourtant bien ce geste arboricole. Tout en en haïssant l’artéfact
la reconstitution
de rerum natura

L’ersatz boisé de cette nature que nous v(i)olons en tant qu’espèce nuisible.

Nous ne sommes capables que d’acheter des essences naturelles
Et des huiles essentielles…. Chez des enseignes comme « Matures et découvertes« .

Quand nous sommes mâtures et couvertes par cinquante ans de vie routinière.
Piteux supplément d’âme. Ont-ils de l’huile essentielle de Poutine ? Oui, ce produit fera partie des nouveautés pour Noël, m’annonce le chargé de communication chamanique du Groupe…
Autant d’ersatz substitutifs et hâtifs pour oublier son absence de nos vies ? Pas celle de Vladimir l’empaleur, celle de la nature, chamanisme tranquille dans le jeu de quilles de l’humain

Je veux juste être sous et sur les arbres et respirer les parfums de la terre, humus, lichen jasmin pour la note baroque.

Être grimpeur aux branches

plutôt que me promener en humant la peinture fraîche des musées et  temples cliniques de l’art avec un air pénétré en lisant des cartels pour mieux comprendre l’oeuvre insipide et prétentieuse.

Parfois me plaisant. Parfois m »y plaisant, dans la ouate clinique des galeries et de la muséographie institutionnelle de blanc parée…
Rien n’est noir ni blanc.

Je veux  mille fois une clairière
mille fois un sous-bois mille fois

la futaie et la place de brame du cerf de septembre

à Rambouillet ou en Suisse,

Je ne veux plus de l’industrie des œuvres d’art, de l’industrie sans fin de tout et de son obscène obsolescence programmée pour vendre sans fin en créant de stupides pseudo-besoins comme la 4G ou le 66G en 2046….

L’oeuvre d’art et son discours
urbain trop urbain
m’ennuient.
Je jette !

Son emballage discursif spécialisé jargonneux  de jus de sciences humaines bardé de références…
je le jette €!
Avec tous nos trop nombreux déchets et nos esprits à recycler.
Je dois être las de la ville parfois
La ville est vile.
Elle est avide
tout sauf vide
Je suis
fait d’elle

Parfois j’en ai assez des produits socio-culturels de la ville. De l’inflation d’autres qu’elle véhicule aussi. Du trop plein d’autres.

Et pourtant je fais partie d’elle, il me faudrait me réinventer longtemps pour vivre hors d’elle. J’en serais peut-être incapable.
Trop longtemps  nourri au jus de ville.

Hors de ce moi produit de la ville, que deviendrai-je quand tombe la neige ?

La harde de biches à cinquante mètres de nous hommes en visite brame a Rambouillet…

Recommandé : Le Dernier Brame, bande dessinée parue en 2011, de facture assez classique, signée Servais, très bien documentée sur le brame des cerfs (ci-dessous, glossaire du lexique spécifique au champ de brame)  :

2013-12-24 14.39.532013-12-24 14.37.422013-12-24 14.38.18

Hotel d’abeilles Conseil d’État.
Corail travaillé : cela, j’aimerais savoir faire.

Je vendrai l’eau de tous les robinets du monde pour cela.

Et la donnerai à boire a la panthère sophistiquée croisée en soirée.

A l’être urbain trop urbain. A mon moi répétitif englué dans ses tics sociaux.
A mes innombrables congénères urbains. Restera toujours le dérisoirement confortable possible de s’amuser, de sortir… Alors que c’est en soi que tout s’étiole le moins. Mais sortons !

L’oeuvre de l’artiste brésilien est devenu espace jeu pérenne, tant mieux, les enfants sont bien sous les branches fictives, déployant feinte nature de belle facture…

 

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