Ouvèze, Rhône, Loire, mémoire

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mai 21, 2013 par Parallèles Potentiels

  1. J’aime avoir vu 3 rivières en une semaine
  2. J’aime avoir vu 3 rivières la semaine dernière
  3. La Loire, longée de Nantes à Rezé mardi à vélo pour une petite partie du parcours d’art à ciel et coeur ouvert de Nantes Estuaire
  4. Le Rhône longé en partant et revenant d’Avignon, samedi, alors qu’il tombait des hallebardes drues comme El Nino sans cape.
  5. -L’Ouvèze, longée dimanche, vue dans la vallée de Rasteau et à Vaison-la-Romaine. Ma chambre à l’hôtel Bellerive de Rasteau dominait la vallée, au loin, les dentelles de Montmirail et ce fichu Ventoux refusant d’ôter son chapeau nuageux, dans la tempête samedi, la pluie cinglant jusqu’aux recoins de mon balcon et de mes yeux à la chambre 11.
  6. se dégageant dimanche avant un orage en feedback tonnant à 16 h 30,  évacuant les derniers des 2050 participants à la quatorzième édition de la randonnée vigneronne, le cours d’eau coulant grondant tumultueux, charriant une eau boueuse.
  7. Ouvèze gonflée par une pluviosité sans pareille : 300 ml en une semaine, me disait dans le TGV le producteur Jaume Fils, qui a 75 hectares en bio sur Châteauneuf, Vacqueyras, Rasteau et se lance dans le Lirac.
  8. je regrette vaguement d’avoir déraciné pour les replanter à Paris trois brins de thym de leur  colline de Rasteau en Haut-Vaucluse pendant l’escapade vigneronne en 6 kilomètres , 6 étapes gourmandes et animée par comédiens et musiciens dans le vignoble, 25 vins du Cru Rasteau à déguster.
  9. En même temps, non car ce thym-citron ou thym mélisse sent trop bon, avec aussi des notes de verveine. et je le replanterai s’il n’est pas asséché. Mais j’attends qu’il pleuve moins, sinon, pour du thym, ce n’est pas humain de faire cela. Je l’ai replanté, advienne que pourra, je l’imagine déjà repoussant comme une énième bouture résiliente que je ferais mienne.
  10. Et je pense au Mourvèdre, cépage qui ajoute des notes de dégustation fauves, cuir, animales à celles du grenache, roi du Rhône, auquel on a ajouté de la Syrah, plus récemment plantée ici, pour des tannins plus soyeux, pour aller sur le fruit, disent les producteurs qui s’expriment tour à tour en présentant leur vin, pour faire oublier les parfois un rien trop denses tannins rhodaniens. déjà proches parfois des Cahors ou du Sangue de toro Espagnol de nos veines. Le sang de taureau de nos irréversibles hémorragies, de nos avc statistiques de la cinquantaine, surtout masculine. tiens, comme Arthus de Pengern la semaine dernière.
  11. Je milite pour que cessent les AVC :
  12. Avc, assez cessez !
  13. Et je repense à Cyril, réalisateur et chanteur pour son film les « Nuits Fauves », un beau gars de plus, cané du sida.
  14. Mais sans dépasser 35 %, de mourvèdre, pas de sida, dans l’assemblage. Et ce fleuve grondant du balcon jusqu’à mes artères relativement amoindries par les flux de goudron, d’ammoniac, de nicotine, de gélifiant, d’agar agar.
  15. Ma mémoire yeux fermée est une aorte, fauve somptueux dont je suivais les méandres géolocalisées par Big Brother google et ses pairs bourrés de serveurs souterrains.
  16. J’avais vue sur les méandres de mon balcon et les étiers de la Loire, de petits bras morts irradiant en tout sens.
  17. Je coulais le long des trois fleuves, à vélo, dans mes veines, en résonance avec leur réseau veineux fluvial.
  18. Et je me souvenais de la Saône, sur laquelle j’avais navigué un mois plus tôt à Mâcon un samedi de tempête, mené par un père marinier qui ne cessait de haranguer sa fille sur leur petit bateau de tourisme, comme si elle était un hareng saur, car elle n’arrivait pas à détacher, à faire partir  le bateau de son amarre.
  19. Et je me souvenais du Rhône à Arles en janvier, sur un bateau cocktail sponsorisé par GDF j’avais assisté au feu d’artifice de lancement de Marseile Provence 2013 par le Groupe F. Un sublime feu d’artifice très poético-inventif avec des personnages crépitants sur des barquettes rhodaniennes.
  20. Et ces fleuves s’entremêlaient à ceux de Manaus 20 ans plus tôt.
  21. L’Amazone, vue d’avion peu avant l’atterrissage en une vision extatique et statique, se mêlant comme suspendue à mes lèvres aux eaux marrons bouasses du Rio Negro au point de Rencontre des Eaux,
  22. Punto de Encontro das aguas, en un delta veineux comme le dessus de ma main un jour fatigué, donc aux veines gonflées.
  23. iridescence de fleuves  irradiant mes synapses relapses après dégustation des 25 crus de Rasteau 2011, sans en boire la moindre goutte, je veux bien dire déguster, mais le palais se chargeant comme les eaux charriées par tant de fleuves mémoriels tissant arborescence dans mon cortex latex désormais privé de caoutchouc.
  24. se débarrassant de la souplesse de la jeunesse comme une mue et des moues non désirées, refus farouche à la louche.
  25. Refus d’être cormoran harassé, corps mourant, marrant vu d’une fenêtre par des témoins de seconde main. Luttant pour sa plasticité cérébrale comme une oeuvre d’art intérieure, un opéra impossible, mutatis mutandis.
  26. Dire que j’avais mangé au buffet après tout ça une part de far breton pour être sûr de l’avoir fait car je n’en mange jamais, moi, du far away, au petit déjeuner.
  27. Mais en une soirée, une seule, ce soir, irrigué d’une rencontre avec deux Autrichiens deux Philippines, un Leika, une française évoquant la difficulté de scénariser du patrimoine immatériel  à Béton Salon, un espace d’exposition aux Grand moulins de Paris, Quai Panhard Levasseur, transformés en faculté par Rudy Ricciotti architecte, toujours lui, en 2006.
  28. Et dans le regard de ces deux Philippines, je lus les lueurs de mon envie de renaître encore et toujours et je vis leur incrédulité devant mon âge, l’adulescent en moi bougeant toujours avec ces morceaux de jeunesse refusant farouchement de déguerpir, de faire sortir la guêpe vitale de moi. et moi aspirant le venin du temps pour m’en défaire, n’en garder que le tentan, tant pis tant mieux.
  29. irrigué toujours à gué guettant au gré de mes premières volontés, pas si contrariées par les barrages électriques que je ne voulais bien l’avouer.
  30. M’aspirant du regard de mon balcon  les dentelles de Montmirail, les PréAlpes, le Ventoux, les Alpilles à droite comme une dorsale bien dosée. Du moins  en pensée.P30506-145115
  31. Mirages de ma ferraille mémorielle irriguée d’aortes et de plumes de paon en pagaille. Ah oui, ça c’était Cannes vue du 7ième ciel étage du Radisson, face au départ des navettes pour les îles du Lérins, début mai.P30508-101420
  32. Bon, et ça… une tranche d’épopée vaguement fitzgeraldienne en devanture, version nabot de moi à la chambre 635 du susnommé hôtel. J’aurais joué cela une fois. Fat ? Maybe baby !  But easy going. Once in a lifetime.
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