Gliss’ à flanc de Buttes, Brueghel, XXI, Enfernetera…

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janvier 22, 2013 par Parallèles Potentiels

Un dimanche 20 janvier 2013, une bonne couche neigeuse s’était offerte à nous durant la nuit. Sur de bien pentues Buttes Chaumont, on assista à un merveilleux festival impromptu de glisses plurielles et tous risques, de bougés de gens dans tous les sens, cétait génial comme un tableau vivant, il yen avait plein le parc !

32 vues du Mont Chauve plein de glissantes créatures, mais pas encore patinantes.

Comme dans ce tableau de Brueghel l’ancien sur l’hiver, une foule, plein de taches humaines mouvantes.

  Paysage d'Hiver avec patineurs . Celui du haut est du père...

Voix off du fil d’aligot parigot

Tirer les fils d’une pensée nomade, aligot chaud, un 20 janvier 2013 ( hiver durant lequel des stations des Pyrénées bâtirent le record mondial d’enneigement, avant les montagnes du Colorado). A paris, tombée du ciel, les pieds dans 10 centimètres de neige, une couche de peuf* comme rarement vue en ville, surtout à Paris. Avant que ne file, avant que ne fonde quelques jours plus tard, les parcs se remplissent, restés ouverts par miracle municipal, de t^tard en anorak s’en donnant à crops joies sur toutes sortes d’embarcations de fortune !

A flanc de coteaux, à flancs de Buttes, ça donne un dimanche pop corn sarbacane de gamins filant sur embarcations glissantes de fortune, cartons, sacs poubelles, planches de Billyothèque Ikéa, poêles de pistes assermentées, skis patentés, snow board tête en l’air, planche à roulettes customisées à poignées sangles de main… Gare à pas se manger l’arbre !, EH oui, il y en a un qui finit sur le lac en bout de descente côté Crimée, boule de neige dans la tête, suif bûche, poêle multicolore sous fesse, de rire bonheur étincelant.

10 centineiges, c’est rare ici, banal sitôt sorti de Paris. Les enfants glissent tous risques le long des Buttes Chaumont, frôlant les arbres, s’en prenant un. Le lendemain, on apprend par sa cadette revenant de la scuola (école) que l’un d’eux s’est cassé une patte. La neige est devenue pluvieuse, parc fermé, sécurité.

Eplucher à l’Opinel de l’instant, transférer les épluchures dans le bouillon avec les carcasses en filaments goûteux, manger les carottes à cru, mixer avec 3500 ans du meilleur des médecines des mondes pluriels pour un patient transfiguré par la fusion des ordres de Médecins, (re)générer un lien de télexistence charnelle;

Ne pas transformer tout de suite le chamane de la bonne pente montagneuse en chaine de hambourgeois citadine.

Scène de patinage - Pieter Brueghel Le Jeune

Instiller tous les secrets herbacés en une tisane d’éternel lundi matin de bon pied de travers. Avoir pied, perdre, perdreau, merle s’enfonçant sur un toit en couche neige zinc, pas longtemps, se décollant à tire d’ailes.

Une usine de charbon en création chaque semaine en Chine, cela laisse songeur, c’est ce que me confie le correspondant de La vie et autres titres (dont XXI) en Chine. Je l’ai croisé lors des portes ouvertes bien bonnes, celles des  cinq ans de la revue XXI, où fut abordé aussi leur manifeste, paru dans le dernier numéro  : « Un autre journalisme est possible « .

http://www.revue21.frLaurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry.

Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry

Publié par les deux vaillants ex-libraires et éditeurs des revues « XXI » et « 6 mois ». Au 27 rue Jacob, belle adresse, rue Jacob, peztite Mecque des éditeurs et galries d’art restants, perdus entre les marchands de tissu chic (et beaux parfois, comme ceux de Manuel Canovas) sur le carré se soie neigeuse de la Place de Furstenberg).

Des boules de neige vitemoulées sur un capot habitacle, poignée froides échangées, vin, chocolat et pensées chaudes, espoirs chauds, âtre, tirer les fils du feu, enlever les marrons, réserver la poudreuse pour l’idée de pureté opiniâtre au coin de l’être.

Copyright Christophe Riedel

Petite chèvre saboteuse surgissant des limbes à sabots. Lapine dézinguant sa litière distillée aux 4 coins d’la place d’l’univers, veut sortir de sa cage mais pas trop : bien éduquée, l’encodage en embout d’alambic. Se refaire une pente cul trempé jusqu’à culotte, allez la der per la strada avant la fonte !

*(=poudreuse en jeun’s pentu)

Si elle pouvait vraiment l’éclairer ce monde, cela se saurait…

Bis répétitat

à l’aube, boules de neige vitemoulées sur capot et habitacle d’bagnole même pas désossée, poignées froides échangées, vin, chocolat et pensées chaudes, espoirs chauds, âtre, tirer les fils du feu, enlever les marrons, réserver la poudreuse pour l’idée de pureté blanchopiniâtre au coin de l’être. Au coin d’euns des êtres les plus ardents de tous temps : The dude Jérôme Bosch, pour se finir au jardin des délices, point trop hédonistes ni infernaux.

Le jardin des délices (détail) et vison d’ensemble de l’imaginaire qui nous attend, à présent que les salamalecs de protocoles judéo-chrétiens ne sont plus guère d’usage. Sauf chez les pré-grabataires en besoin de résidence  secondaire spirituelle…

MATIN
     » N’eus-je pas une fois une jeunesse aimable, héroïque, fabuleuse, à écrire sur des feuilles d’or, – trop de chance! Par quel crime, quelle erreur, ai-je mérité ma faiblesse actuelle? Vous qui prétendez que des bêtes poussent des sanglots de chagrin, que des malades désespèrent, que des morts rêvent mal, tâchez de raconter ma chute et mon sommeil. Moi, je ne puis pas plus m’expliquer que le mendiant avec ses continuels Pater et Ave Maria. Je ne sais plus parler !
ARTHUR RIMBAUD
(1854-1891)
UNE SAISON EN ENFER
     « Pourtant, aujourd’hui, je crois avoir fini la relation de mon enfer. C’était bien l’enfer; l’ancien, celui dont le fils de l’homme ouvrit les portes.
     Du même désert, à la même nuit, toujours mes yeux las se réveillent à l’étoile d’argent, toujours, sans que s’émeuvent les Rois de la vie, les trois mages, le cœur, l’âme, l’esprit. Quand irons-nous, par delà les grèves et les monts, saluer la naissance du travail nouveau, la sagesse nouvelle, la fuite des tyrans et des démons, la fin de la superstition, adorer – les premiers! – Noël sur la terre!

 Le chant des cieux, la marche des peuples ! Esclaves, ne maudissons pas la vie. »

La Vision de l'Enfer, de Jérôme Bosch.La Vision de l’Enfer, de Jérôme Bosch (détail)

Parallèle potentiel :

Troisième tableau du Jardin des délicesL’enfer de Bosch exposé au musée du Prado
et
Requiem – Tome 7 de Ledroit et Mills (Double planche verticale 27-28).
(Clique sur les images pour les voir en grand).

Dans Requiem, Chevalier vampire – Tome 7 – « Le couvent des sœurs de sang »(Ledroit et Mills, Nickel), Olivier Ledroit pastiche le volet droit, L’enfer, le troisième tableau du tryptique du Jardin des délices de Jérôme Bosch sur la double planche verticale de sa BD. Tout n’est pas agencé à l’identique, mais l’esprit est là, et il incruste de nombreuses scénettes piochées deci delà, dont voici les plus marquantes (Pour les autres, je te laisse les trouver tout seul en agrandissant les deux images précédentes en cliquant dessus.):

Le jardin des délices - Bosch / Ledroit.
La mandoline au milieu, on la retrouve ailleurs dans le tableau.

Le jardin des délices - Bosch / Ledroit.
On retrouve bien la harpe avec son serpent enroulé, et le corps de l’homme nu et remplacé par une nonne.

Le jardin des délices - Bosch / Ledroit.
Ici, j’ai rattroupé trois parties de la double planche pour faire la comparaison.

Le jardin des délices - Bosch / Ledroit.
Ici, j’ai supprimé une partie des marches pour mieux comparer. Notes qu’en haut à droite, le mec qui se protège avec un livre, le fait avec le tome 1 de Requiem dans le pastiche.

Le triptyque, Le jardin des délices, de 1503 de Jérôme Bosch (1453-1516) dépeint l’histoire du monde et la progression du péché. Les panneaux fermés (Volets doit et gauche refermés sur celui du center) représentent la création du monde ; panneaux ouvert, l’histoire progresse avec Adam et Eve et le péché original sur le panneau gauche ; le panneau du centre dépeint un monde profondément engagé dans des plaisirs coupables ; et le panneau de droite, celui qui est mis en avant dans cet article, représente les supplices de l’enfer.

La musique, discipline sacrée est particuliairement mise à l’amende, car elle est une création humaine. Notamment au premier plan, un damné est crucifié sur une harpe, un métronome est retourné, preuve du reniement absolu de toute création humaine, vaine et stupide. Plus haut, les suppliciés souffrent les souffrances du feu éternel, les villes dans lesquelles tant de place était volontiers accordée à toute luxure possible, brûlent, Inutile d’évoquer, en ultime guise de condamnation de l’Homme, le symbole phallique gigantesque composé de deux oreilles et d’une lame de couteau.


PS: Vers 1486, Jerôme Bosch est cité comme membre de –La Confrérie Notre Dame-, proche d’une secte hérétique –Les Frères du Libre-Espri

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