8 miens textes aimés (sans trompette)

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décembre 15, 2012 par Parallèles Potentiels

Paon éliminé

Catégorie: Chroniques urbaines — mis en ligne par carlotta @ 4:53 am

J’ai appris qu’on avait évincé le seul paon des Buttes-chaumont du parc au motif qu’il aurait agressé des enfants. Je nie farouchement, ce sont ces derniers qui lui ont si souvent couru derrière qu’il s’en est lassé, devenant belliqueux malgré lui. Moi, j’aurais plutôt gommé les marmots de l’image pour lui assurer une quiétude bien méritée. Mais peut-être que cela dénote le préretraité. Le pauvre en tout cas se promenait sans but toute la sainte journée en décollant en rase-mottes de la butte du pavillon Puebla où se trouvait sa planque. Je l’y croisais en descente ou montée dans l’allée y menant. Il n’y avait pas toujours place pour deux, d’où des frottements à tire d’ailes. Les enfants font aussi très bien la roue, en version non colorée.

Christophe Riedel

24032009

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Tombeau pour 5 000 000 000 de volatiles

Catégorie: Chroniques urbaines — mis en ligne par carlotta @ 4:53 am

Pauvres oiseaux. Encore un peu de psychose aviaire, et il faudra tirer à vue quand on en voit passer dans le ciel. Ma fille, comme bien d¹autres enfants de sa classe, avait délicieusement déformé la consigne de précaution à prendre contre la grippe aviaire qu’on lui avait transmise à l’école : appeler la mairie sitôt qu’on voit un oiseau. Elle avait juste oublié un mot : mort.
Que faire de tous ces oiseaux, se demande l’éleveur transformé en bourreau, glacé à l’heure d’euthanasier son quota de gallinacés. Tuer les oiseaux, quelle idée. Einstein a dit que, à partir du jour où les abeilles disparaîtraient, les hommes n’auraient pas plus de quatre années à vivre. Est-ce parce qu’ils n’auraient plus de miel ?

Christophe Riedel

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Héros cendrés à Bercy

Catégorie: Chroniques urbaines — mis en ligne par carlotta @ 9:25 am

Tôt le matin, deux hérons cendrés volent du parc de Vincennes à celui de Bercy, où ils atterrissent sur le plan d’eau situé du côté de Bercy Village. C’est une vieille dame nourricière d’oiseaux qui me l’avait dit. Je les avais déjà vus comme ça et depuis, j’ai pu vérifier qu’ils sont ponctuels à ce rendez-vous qui semble quotidien. Ils passent du toit de la maison au bord du lac qui l’entoure, en passant par la cime d’un grand arbre contigu.
Pas farouches pour deux sous, ils s’envolent majestueusement quand on passe, disons, à moins de trois mètres d’eux. Que ces oiseaux sont beaux et d’une tranquille élégance ! On croirait que leur vol est au ralenti tant ils n’ont pas besoin d’en faire trop. Les apercevoir, à peine sorti du métro Météor, c’est comme un petit bol d’air sauvage, comme une nature brute au milieu de l’artefact urbain.
Aux confins d’un centre commercial très boboland où l’on vante et vend des produits estampillés naturels (Matures et Découvertes), des olives chères bien emballées en guise de quintessence du `Grand Sud et de la sainte tapenade (Molliver & Co), du matériel de randonnée et d’escalade (Landaska) ou des objets de décoration intérieure accessoires, aussi rétrochics que superflus, ces hérons donnent une vraie « résonnance » à l’idée de nature vivante. Non pas figée en bocaux et en belles images de catalogues pour conso-mateurs urbains.
Ces héros cendrés sont le prolongement de ma wildness, ils se raccrochent à cette part sauvage qui tente de subsister dans ma vie citadine. Pour une fois, pas besoin d’aller bien loin. Et le plaisir de s’approcher de trop près pour les voir s’envoler de nouveau…

Christophe Riedel

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Maria M (de Medeiros) que depuis si longtemps j'M"copine right" Christophe Riedel, 2009

Maria M (de Medeiros) que depuis si longtemps j’M
« copine right » Christophe Riedel, 2009

P1000299

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Tapis roulant

Catégorie: Priere d’inserer — mis en ligne par carlotta @ 11:14 am

A. Venue Parmentier a écrit le “Tapis Roulant ” de Cha Beldeleau, qui en reproduit, dans “Prière d’Insérer”, le chapitre 13.

Chapitre treize

Tracabilité d’une relation évaporée

Y’a t’il une vie dans la foule anonyme ? En ville, l’aventurier des chaussées tente souvent une micro aventure : arriver à croiser et soutenir le regard de quelqu’un dans le métro. Parler à ce quelqu’un sans lendemain, juste pour le plaisir. A Châtelet Les Râles, point d’entrée de la ville, je suis passé à l’abordage de quelqu’un croisé au débouché du tapis roulant le 16/12/01 vers 15 heures, dans le prisme des milliers d’autres entraperçus. Contournant ainsi le deuxième commandement de la vie des tribus en société urbaine : “à l’étranger, tu n’adresseras pas la parole dans la rue, encore moins dans les transports en commun”.
Akiko Kina, toute de noir vêtue, transportait sur son dos un instrument de musique dans une housse rectangulaire, lisant une partition tout en marchant à grande vitesse dans cette chorégraphie automatisée de l’interconnexion RER/métro, Eole, Metéor et Styx au néon. Elle fredonnait des notes que je lus à contresens par-dessus ses épaules. Sa partition m’apparut comme une interprétation dont les portées semblaient m’échapper. Brusquement, j’eus une vision. Ah mais si ! Le double tapis roulant est la double portée et les silhouettes des piétons autant de notes mouvantes. Les sérielles musiques qui en découlaient formaient autant de morceaux de musique se déformant à vue d’oreille. Forcément cacophoniques, eu égard au manque d’égard des notes les unes pour les autres, se frôlant dans le meilleur des cas, ne se touchant jamais. Sauf télescopage fortuit.
Fricassée de particules élémentaires vaquant à leurs activités alimentaires, shoppings forcenés de fin d’année : faute de mieux, autant se faire des cadeaux. Plein de sacs à la main, crissements plastiques, sacs à mains, volumes de toutes formes, tailles et papiers cadeaux bariolés, anonymes ou affichant leur marque/réseau de grande consommation franchisée.
Voir sa défiance, puis son sourire surpris au moment où je la bloquais d’un geste théâtral d’agent de la circulation fictive, ayant parcouru le tapis roulant en sens inverse pour pouvoir la rattraper, au grand dam des quidams tendance “enculé de ta race, jamais tu dis pardon » et de deux grandes dames s’exclamant à l’ancienne quel malotru ! Akiko (dont j’avais appris le nom sur la partition) dit alors dans un français tranchant : Mais ke voulez-vous, laissez-moi passer ? De quel instrument jouez-vous ? lui demandai-je. De la klarinette. J’aime comment vous jouez de ces notes à voix basse, comme en sourdine dans le tourbillon métropolitain. Et vous, je n’aime pas la façon dont vous jouez du pipeau ! dit-elle en s’éloignant à vive allure. Fausse note définitive. Je suivis des yeux son sillage jusque dans l’arrière banc poissonneux de la foule houleuse. Puis bifurquai à mon tour, en partance résignée vers la ligne 4.
Sur le quai direction Porte d’Orléans, matelot de hasard, s’appuyer contre le plexiglas bombé d’un distributeur Selecta désaffecté. Se déselectionner du mouvement incessant, chorégraphie du trop plein. Laisser passer 3, 4 métros et plus si affinités avec le vide. Immobile adossé, regarder les hommes qui rentrent et sortent des rames, qui marchent habillés sur le macadam au fil des reflux métropolains. Essayer de se souvenir de tous les visages croisés pendant une minute. Un de perdu, dix de retrouvés. J’aime regarder les cils qui bougent sur la grève urbaine. Comme autant de galets léchés par la mer, les sourcils remontent les rivières métropolitaines et les pères Noëls de pacotille montés sur ressort vendus à la dérobée bien vite basculent dans le vide.
Assis dans un wagon, option trajet long. Flux mouvant d’une station à une autre. Voir qui s’asseoit en face de soi. Fermer les yeux en gravant son visage sur le disque dur intérieur. Les rouvrir 6 stations plus tard. C’est un autre à présent qui a pris sa place. Comparer les 2 visages, faire son choix. Obtenir ainsi un petit tourbillon en précipité des dizaines de visages croisés. Que faire des autres ? Wagons vagues, couchettes en sleeping d’écume. Ne pas rater sa correspondance. Recommencer sur le tapis roulant de Montparnasse à observer sans relâche l’humanoïde croisé. Conter les usagers et leurs cadeaux mordorés avant le rêve des confiseurs de janvier.

Pseudo dont j’ai usé : A. Venue Parmentier

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Atar sur le tard

Catégorie: Chroniques voyages — mis en ligne par carlotta @ 9:50 am

Mauritania. Desert. Coldness in the night. Nous ai acheté deux duvets en plume d’oie, pas en fibre synthétique. Une traversée du désert en sept jours, à raison de vingt kilomètres par jour, à pied ou à chameau, pour la jouer Théodore Monod. A la petite semaine. Trois jours en case et quatre en bivouac dans le désert, en buvant le thé (amer, vaguement néo-colonial et amical) avec nos guides midi et soir. Du vent et du sable partout. au réveil, des dunes oreillers partout aux alentours. Retour illusoire but sublime à l’état de nature. Toilettes à ciel ouvert.

Qu’on se figure un territoire deux fois grand comme la France et peuplé par deux millions d’habitants, pour la plupart pauvres comme Job… Facile de jouer les explorateurs fatigués, voire obscènes. Mais le coeur, le corps et l’exaltation y sont.

La vraie vie pourvu qu’elle ne dure pas trop longtemps, pensa l’urbaine créature, qui, parfois, gémissait qu’elle n’arrivait pas à dormir de la nuit dans la tente qu’il fallait démonter tant bien que mal au réveil.

Un désert de lumière, de toutes petites tempêtes de sable, les dunes figurant autant de hanches féminines et de bassins méditerranéens.

J’ai mangé un tagine cuisiné au chameau, ma foi succulent…

De A à Z, immensité, absolu, paysages lunaires, dunes tranchantes ou rondes qui affûtent l’esprit comme autant de scalpels sensuels… Marcher, ça te fait oublier ton petit ego roi. N’empêche que j’étais le nombril du désert : un petit rien du tout inspiré par l’infini, un temps habité par un souffle vital à l’origine incertaine et à la fin certaine.

Un absolu grisant.

Later.

Du haut d’une dune,
Assis pieds nus dans le sable chaud du crépuscule,
Je contemple la naissance de la lune.

Chaque soir,
Une fois le bivouac choisi
Et les tentes installées,
On y grimpait
Pour voir le coucher du soleil,
Qui ne donnait jamais pleine satisfaction.
De-ci, de là, on entendait quelques réserves
De membres du groupe sur la qualité vespérale.

Ah, solitaire, par deux fois, il s’en fut
S’en fumer un au Manali
Du haut de sa dune de Mauritanie.
Suavement assassines,
Acres, les volutes haschischines
L’envoyaient en l’air
Sans en avoir l’air ;
À perte de vue, le sable
A reflet d’or rangé,
Ocre, jaune selon l’heure

Grognon ou béat
Selon l’humeur.
In the mood for desert,
Except in the morning.

Se réveiller, prendre un petit-déjeuner
De grosse miche pas assez cuite
(Pain cuit au feu de bois la veille au soir), puis marcher deux ou trois heures, le temps de s’éveiller au monde de silence environnant. Ah le vent se lève, hélas, charriant du sable plein les yeux. Puis, une fois qu’on a chaud, une petite heure de chameau. Jusqu’à la pause déjeuner, avec sieste forcée dune heure trente pour respecter la coutume locale. Puis, repartir à flancs de Blacky, mon noiraud préféré, qui blatère à tout va et tente d’éjecter son occupant pendant les phases de décollage et d’atterrissage, le temps de digérer.

En tête de caravane, les cent pour cent purs marcheurs : Jean-Pierre (prof de physique à la fac de Pau), Jean-Paul (kiné de l’équipe de rugby paloise) et Robert (technicien à France Télécom).

Quand on se sent reposé, de nouveau alerte, marcher encore, dans la chaleur et la poussière de sable, jusqu’à l’étape du jour, bivouac ou auberge au confort sommaire. Il pense que ce développement qu’on voudrait durable a du plomb dans l’aile. Faire un plein d’énergie, mais pas fossile. Invoquer plutôt un dieu de Eoliennes. Espoir pour la soif.

Etre enfin Alexandrine, Alexandra… David Neel (qui demanda le renouvellement de son passeport à cent ans, à la grande surprise préfectorale de sa région française d’élection) ou un personnage de David Niven. Laurence d’Arabie à Petra, sans la British Petroleum. Juste comme ça. Ne pas braquer des sculptures précieuses à Angkor Vat comme un sagouin enministrable.

En ce début de vingt-et-unième siècle, on a l’aventurisme éclairé qu’on peut. Vivre des aventures exploratrices sans mot dire. Débarrassé du bagage colonial, harassé par une saine fatigue randonneuse en fin de journée. Débarrassé du langage. Faire cap sur les pôles, sans malle Vuitton ni Degrifftour du voyage de masse en kit. Tracer la méridienne d’une poétique sans heure de pointe. L’épopée intérieure de la re-découverte de soi à l’aune de l’autre. Et vice versa. Un troisième thé chaud à la pause-chameau pour fêter ça.

A Ouadane, à Shingetti, villes fantômes et, jadis, comptoirs portugais répertoriés par le germano-portugais Valentim Fernandez in the beginning of sixtine siècle (comme écrira dans la suite du Code Da Vinci un littérateur anglo-saxon à fort tirage). Y arraisonner le roulis du temps. A raison d’une minute par grain de sable.

De Ouadane, à Shingetti, villes fantômes et, jadis, comptoirs portugais répertoriés par le germano-portugais Valentim Fernandez. Y arraisonner le frottis du temps tempête . A raison d’un grain de sable renouvelable. Espérer qu’en 2100, qu’en 100002, les énergies de substitution ne se déroberont pas. Le désert ne se refermera pas sur les papas.

Cela est plutôt Macao, incroyable cité casino(qui a dépassé Las Vegas)  qu'Atar de Mauritania

Cela est plutôt Macao, incroyable cité casino
(qui a dépassé Las Vegas) qu’Atar de Mauritania

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Four et Vénus

P1000338

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 6:58 am

Venus in fur
Vénus en pelisse
Enveloppant une peau lisse
De femme en
Fourrure et bottes de cuir
Vénus en fourrure
Renarde à poil long
Mont de Vénus
Au duvet soyeux
De « cache-mire »
Et Mont
Qui n’ est pas
Sans faire penser
A une de ces
« Pâtes de Luxe »
Surgie d’une comédie française seventies
Mélodrâle en diable
Bref, on en mangerait
Pas des poils
Non, mais des peaux lisses
Comme la soie
Enveloppées de pelisses
sadiennes ma non troppo
Des pelisses en oreilles
De rabbit 100 % Ogm
Des Anne en ananas
Pendant des années
On dévêtirait
Et tisserait
Tour à tour
Ver à soie et fil de terre
Conducteur de lumière
À l’air chargé d¹électricité
Statique quand crisse
La pelisse de fourrure,
sainte éthique
Qu’on ôte comme un gant
Vive la pelisse de maman
Surtout si l’on sait
Qu’elle recouvrît longtemps
La peau d’une salope
invétérée si ce n’est invertébrée
C¹est sa fille aînée qui le dit, not me
Revêtir rêver la vague, parcourir l’écume
Ps : Et éluder la bave de fin de partie récoltée en unité de soins palliatifs

 

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 1:51 am


Mais, à propos,
Le vol d’un oiseau
La course d’un bateau,
Sillage du bleu du ciel
Dans un bain de lumière,
Sont de bons antidotes
À la pesanteur des pieds
Sur terre
Et du matérialisme

Dans l’air.

Torizon shanghai

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 1:50 am

Bientôt, sur cette planète,
Autant d’êtres humains que
De neurones dans un cerveau :
Méta Conscience
Où je pense.
Ma tête contient
Chacun des habitants,
Intérimaires du vivant,
Et jamais je ne me
Viderai de leur
Substance car
je suis celui-ci
Qui est et renaît
renaîtra demain
pourvu d’appendices
transhumains
dans de beaux draps
.

Christophe Riedel, é30032009_001cr sur le tard, bien après Attari,

ex crit  il y a quelque temps sur le site Tabacaria d’une Charlotte prenant pour Pseudo Lotte Char, ce qui m’avait fait lui demandé si elle était parente de René (Arrête ton char ?).

*Tabacaria ?Subtile allusion en alluvion au long  poème Bureau de Tabac de mon arrière-grand-oncle génitif au pluriel : J’ai nommé :

Fernando Pessoa et ses 83 hétéronymes…

 

 

Et un peu d’architexture,
(les panneaux d’introduction de l’exposition sont de mon cru) :

Voici 3 liens notre exposition sur le site Concrete Hub
« 3 villes du Patrimoine moderne XX, 3 utopies concrètes »
Chandigarh, Brasilià, La Grande Motte

http://concrete-hub.com/stephane-herbert-chandigarh-brasilia-capitales-modernite/

http://concrete-hub.com/stephane-herbert-grande-motte-12/

http://concrete-hub.com/stephane-herbert-grande-motte-22/

L’exposition est susceptible de voyager, de devenir un doc, en mettant l’accent sur ce que l’on voudra :
(controverses et averses suscitées par ces bâtis, mise en perspective historique, évolutions, témoignages etc.)

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